Le capitaine aux enquêtes et au soutien opérationnel au Service de police de Granby, Christian Bonneau, a piloté le projet d’implantation de la billetterie électronique.

Bye Bye contraventions papier !

Les policiers et préposés au stationnement de Granby ont rangé crayons et carnets de contraventions. Non pas qu’ils ont cessé d’en émettre. C’est plutôt un système électronique, installé notamment dans les voitures de patrouille, qui fait maintenant le travail.

Les policiers à moto, à vélo ou à bord d’une voiture de patrouille, ainsi que les préposés au stationnement sont passés à l’ère numérique en matière de contraventions. Certains utilisent un appareil de type téléphone, tandis que d’autres sont équipés d’une tablette ou d’un ordinateur. Chaque outil est muni d’un logiciel électronique de billetterie. Une imprimante s’ajoute à leur équipement.

Près de 5000 contraventions ont été délivrées à l’aide du nouvel outil de travail depuis son implantation, en mars dernier, indique Christian Bonneau, capitaine aux enquêtes et au soutien opérationnel au Service de police de Granby, qui a travaillé à la mise en place du nouveau système.

Son arrivée comporte de nombreux avantages : diminution de la quantité de papier utilisée, réduction du risque d’erreurs en remplissant le constat et économie de temps, entre autres.

Un préposé au stationnement, par exemple, constate qu’une voiture est garée dans un espace réservé aux personnes détenant une vignette. Or, le rétroviseur du véhicule n’en affiche aucune. L’agent sélectionne donc sur sa tablette l’infraction qu’il vient de constater. Grâce à des menus déroulants, il sélectionne toutes les informations relatives au véhicule. Il peut également, toujours avec son appareil de type téléphone, prendre des photos. Celles-ci seront ajoutées à la contravention et conservées dans le dossier. S’il s’agit d’une infraction relative à un parcomètre, en entrant son numéro, l’adresse où est garé le véhicule s’affiche automatiquement.

Le Service de police a travaillé en collaboration avec le Service d’urbanisme de la Ville pour que toutes les adresses soient répertoriées dans la billetterie électronique, ce qui assure, entre autres, la bonne orthographe.

Transfert d’informations

Les policiers ont accès à encore plus d’options grâce à l’électronique. S’ils obtiennent des informations lors de recherches effectuées à la Société de l’assurance automobile du Québec ou au Centre de renseignements policiers du Québec, tous les renseignements sont automatiquement transférés dans la contravention.

Lorsque l’infraction est sélectionnée sur la tablette ou l’ordinateur, le montant de l’amende, les frais et les points d’inaptitude — s’il y en a — s’inscrivent automatiquement, tout comme la description de l’infraction. « On diminue de beaucoup le potentiel d’erreurs », affirme M. Bonneau.

Le système s’assure également, lorsque le policier a rempli une contravention, que tous les champs requis ont bel et bien été remplis, ce qui élimine les oublis. Une fois terminé, l’agent la signe en entrant son numéro d’identification personnel, puis l’imprime pour le remettre à la personne en infraction.

L’agent n’a plus besoin de conserver une copie papier, puisque la nouvelle technologie permet dorénavant d’enregistrer les contraventions dans la base de données au fur et à mesure qu’elles sont délivrées par les policiers sur la route. Du côté des préposés au stationnement, dès qu’ils reviennent au quartier général, ils branchent leur appareil qui transfère toutes les contraventions délivrées durant la journée dans le système informatique.

Auparavant, les copies des contraventions étaient apportées au poste de police, vérifiées par un autre agent, avant d’être acheminées par courrier interne à la cour municipale. Puis, les informations contenues dans la contravention étaient entrées manuellement dans une base de données informatisée.

Trois ans de travail

L’un des objectifs de la billetterie électronique, explique M. Bonneau, est d’éliminer le papier à la cour municipale. Lorsqu’un citoyen contestera sa contravention et se présentera en salle d’audience, son constat sera projeté sur grand écran pour être apprécié par toutes les parties impliquées.

L’implantation de la billetterie électronique a nécessité trois ans de travail et un budget de plus de 100 000 $, ce qui comprend l’achat du logiciel et les équipements.

Même si le système est bien implanté, les policiers et préposés au stationnement ont toujours un livret de contraventions papier à portée de main. « Il va toujours rester du papier, parce qu’on n’est pas à l’abri d’une panne. Mais le but est de ne plus en avoir », indique le capitaine Bonneau.