L’accusé a rédigé une lettre d’excuses à l’intention du propriétaire de la résidence visée. Le plaignant a été mis au fait de la peine imposée.

Bombe au chlore: un universitaire s’en tire avec une absolution conditionnelle

« C’était une mauvaise idée entre amis. Je n’avais pas mesuré l’ampleur des dégâts. C’était une stupidité. »

C’est un étudiant de l’Université de Sherbrooke repentant qui a expliqué honteusement au tribunal pourquoi il avait placé une bombe au chlore dans la boîte aux lettres d’un voisin à l’été 2018.

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Le jeune homme de 20 ans a plaidé coupable, jeudi, à une accusation de méfait de moins de 5000 $, soit d’avoir fait exploser une bombe au chlore dans la boîte aux lettres d’un citoyen de la rue Pasteur à Sherbrooke en août dernier.

« Ce sont des individus qui ont eu cette idée par étourderie. Personne n’était visé. C’était une mauvaise blague. Ils n’ont pas saisi l’ampleur de leur geste. L’objectif n’était pas d’effrayer les propriétaires », a justifié l’avocate de la défense Me Jessyca Duval de l’aide juridique.

Cette dernière a plaidé au juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec pour que l’étudiant de 20 ans obtienne une absolution conditionnelle.

Après avoir voulu comprendre pourquoi trois étudiants universitaires avaient eu cette mauvaise idée de faire exploser une bombe au chlore chez un voisin le 2 août dernier, le juge Chapdelaine a entériné la suggestion commune présentée par Me Duval et la procureure aux poursuites criminelles Me Claudie Marmet.

« Personne n’est à l’abri d’une étourderie, celle-là en est une vraie. Vous n’aurez peut-être pas la même chance la prochaine fois d’obtenir une absolution qui vous évite un casier judiciaire », a mentionné le juge Chapdelaine en imposant 150 heures de travaux communautaires dans le cadre de l’absolution conditionnelle.

Le jeune homme de 20 ans sans antécédent judiciaire étudie à l’université, fait du sport de haut niveau pouvant le conduire aux États-Unis et réside chez sa mère qui possède un service de garde en milieu familial.

« Un casier judiciaire pourrait avoir d’importantes conséquences sur ses études et son lieu de résidence », avait plaidé Me Duval.

Ce sont les images enregistrées par la caméra de surveillance du résidant et publiées sur les réseaux sociaux qui ont permis de retrouver les suspects. La caméra de surveillance avait été installée à la suite d’un premier événement semblable survenu l’année dernière.

Après l’explosion du dispositif, les policiers et les pompiers se sont rendus sur place. Il y avait eu projection de chlore sur la maison et dans l’entrée. Personne n’avait été blessé.

« Les propriétaires n’étaient pas visés. Les lieux avec la haute haie de cèdres étaient plus faciles pour se cacher. Ils n’avaient aucun lien avec l’autre événement survenu dans le passé », a signalé Me Duval au tribunal.

L’accusé a rédigé une lettre d’excuses à l’intention du propriétaire de la résidence visée. Le plaignant a été mis au fait de la peine imposée.

Les deux autres accusés dans cette affaire ont été dirigés vers le programme de mesures de rechanges générales (PMRG) de la Cour du Québec.