Benoit-Lessard condamné à trois ans et demi de prison

Pour avoir fait vivre l’un des pires cauchemars à une adolescente inconnue en entrant dans sa chambre la nuit et en l’agressant sexuellement alors qu’elle dormait dans son lit, Philippe Benoit-Lessard a été condamné à trois ans et demi de prison.

La juge Claire Desgens de la Cour du Québec a imposé au délinquant cette peine de 42 mois, mercredi, au palais de justice de Sherbrooke.

À lire aussi: Benoît-Lessard coupable d'agression sexuelle

Procès Benoit-Lessard : des traces de pas compromettantes ?

« La société ne tolère pas ce comportement déviant, commis la nuit dans un lieu considéré sacré, le domicile d’une famille sans histoire dont les membres seront bouleversés à jamais dans ce qui est considéré pour eux comme un cauchemar », a signalé la juge Desgens en imposant la peine.

En juillet, la juge Desgens avait reconnu Philippe Benoit-Lessard coupable d’agression sexuelle d’une personne de moins de 16 ans et d’introduction par effraction dans le but de commettre une agression sexuelle, soit un braquage de domicile. 

La juge a signalé que la victime s’était réveillé la nuit avec un étranger qui lui touchait les parties intimes.

La mère de la victime a lu une lettre concernant les conséquences du crime sur la vie de sa famille à la suite de cette agression de sa fille de 14 ans lors des observations sur la peine. 

« La nuit du 16 novembre, le chaos est entré par la porte de chez moi sans ressortir. J’ai vu la lumière s’éteindre dans les yeux de ma fille. J’ai vu ma fille se replier sur elle-même. Pour une mère de voir son enfant dans cet état, c’est l’impuissance. Je voudrais pouvoir porter ce fardeau à sa place », a exprimé la mère de la victime.

La victime a choisi d’aller vivre chez son père en quittant ses amies et son école.

« Le sol sous mes pieds s’est effondré. Mon rôle de maman m’a été arraché »

Durant la lecture de la lettre de la mère de la victime, Philippe Benoit-Lessard ne présentait pas de réaction.

« L’ensemble de la situation ne semble soulever chez vous aucune réaction. Je suis particulièrement inquiète face à ce détachement lors du processus judiciaire ou de la lecture des lettres des victimes. Pour l’instant, il est impossible d’identifier les facteurs contributifs à votre criminalité (...) Il serait judicieux lors de votre détention d’accepter les services qui pourraient vous aider à votre sortie », indique la juge Desgens qui ne peut écarter la dangerosité sociale de l’accusé. 

La juge a tenu compte du profil de Philippe Benoit-Lessard et de ses antécédents judiciaires.

« Dans le rapport présentenciel, il n’existe pas une prise de conscience minimale même si vous n’admettez pas les gestes commis. Vous auriez pu avoir une certaine empathie à l’égard des victimes », estime la juge Desgens.

La juge a retenu notamment comme facteur aggravant l’impact du crime pour la victime et sa famille.

« Aucune sentence ne peut prétendre soulager les blessures subies. Les impacts sont immenses. Ici, les témoignages et les écrits fournis sont éloquents », estime la juge.

Les faits

Le débat central du procès, qui s’est déroulé sur trois jours en mai, s’était fait sur l’identité de l’accusé relativement aux gestes commis dans la nuit du 5 au 6 novembre 2016 dans l’est de Sherbrooke.

Benoit-Lessard a touché aux parties génitales la victime qui était dans son lit avant de tenter de baisser ses leggings. La victime a alors poussé un « cri de mort » ce qui a fait fuir le suspect.

La juge avait déterminé que l’ensemble de la preuve convergeait « inexorablement et logiquement » vers la culpabilité de Philippe Benoit-Lessard.

Philippe Benoit-Lessard a obtenu l’autorisation d’être entendu en appel concernant le verdict rendu contre lui.

Le nom de Philippe Benoit-Lessard sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à perpétuité. 

Me Stéphanie Côté défendait l’accusé, alors que Me Joanny Saint-Pierre représentait le ministère public dans cette affaire.