Alexandre Roux
Alexandre Roux

Bébé secoué à mort : le père nie être l’auteur du geste

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Un père accusé d’avoir secoué à mort son enfant dans l’arrondissement de Brompton en février 2018 conteste être l’auteur de ce geste tragique et criminel.

En ouverture de son procès devant la juge Danielle Côté de la Cour du Québec pour l’homicide involontaire coupable de son bébé de six semaines, mardi au palais de justice de Sherbrooke, Alexandre Roux a reconnu par admission la cause du décès, qui est un traumatisme craniocérébral.

« La fenêtre d’opportunité, selon toute vraisemblance, pointait vers le père », a témoigné l’intervenant de la direction de la protection de la jeunesse (DPJ) en Estrie, Robin Massicotte.

La procureure aux poursuites criminelles Me Laïla Belgharras avait cerné le débat où elle soulève que la mort a été causée par un traumatisme crânien non accidentel (TCNA), mieux connu sous le nom de syndrome du bébé secoué.

« Nous sommes dans une cause d’opportunité exclusive », a expliqué Me Belgharras qui plaidera que personne d’autre qu’Alexandre Roux pouvait commettre ce geste. L’avocate de la défense Me Jessyca Duval de l’aide juridique constatera que l’individu, maintenant âgé de 22 ans, est à l’origine de ces gestes à l’endroit de son enfant Liam Roux.

L’intervenant de la direction de protection la jeunesse est intervenue dès le départ dans cette affaire pour un signalement en lien avec un possible abus physique d’un enfant de six semaines au CHUS à Sherbrooke.

« Il y avait des saignements au niveau du cerveau et dans l’œil de l’enfant. Il y avait des suspicions de fracture à la cote gauche de l’enfant. C’est le portrait qu’on avait. Ce type de blessure, tout pointait vers un bébé qui avait été secoué », explique l’intervenant de la DPJ.

Après analyse du portrait de la situation, l’intervenant a informé le père que la plage des évènements correspondait au moment où il était en présence de l’enfant.

« Avec le portrait clinique de l’enfant, il était certain qu’il avait été secoué dans les dernières 24 heures. Notre séquence temporelle des abus était assez courte avant que l’enfant soit amené au CHUS », explique l’intervenant de la DPJ.

L’intervenant de la DPJ Estrie, Robin Massicotte

Robin Massicotte témoigne que la mère était sous le choc et que le père était renfermé et donnait peu d’explications. Il était alors âgé de 19 ans.

L’intervenant de la DPJ a rencontré la mère et la grand-mère maternelle de l’enfant après avoir complété le portait des évènements.

« Il y avait beaucoup de stress et d’émotivité. À partir du moment où la preuve nous amenait à croire que c’était le père qui avait commis les abus, j’ai expliqué ma vision des choses à la mère et à la grand-mère. La mère était en mesure de dire que c’était terminé avec le père pour protéger l’enfant », souligne l’intervenant de la DPJ.

Un pompier du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke (SPIS), Étienne Bouchard, est intervenu comme premier répondant pour une détresse respiratoire sur les lieux du drame.

« Un homme qui semblait être le père m’a ouvert la porte. Je n’ai pas eu de réponse sur ce qui se passait. L’enfant était au sol avec la mère qui était en ligne avec le 911. Je n’ai pas eu de réponse sur ce qui s’était passé. La mère était en pleurs et je sentais de la détresse. J’ai travaillé avec les signes et symptômes étant donné que je n’avais pas d’histoire pour mon intervention », indique Étienne Bouchard du SPIS.

Il témoigne ne jamais avoir vécu une pareille intervention où l’état de conscience de l’enfant était altéré, émettait de faibles gémissements et semblait en douleur.

« Le pouls était très rapide. Il avait une coloration bleutée à l’abdomen et au visage près de la mâchoire et des joues. J’ai remarqué une plaie à la lèvre inférieure. Il était en détresse respiratoire. On lui a mis un masque pour l’aider à respirer. Je lui ai fait des stimulations sous les pieds pour le garder éveillé. Les deux bras étaient pliés à 90 degrés dans les airs et la tête tournée du côté droit. Elle revenait toujours de ce côté », explique le pompier du SPIS.