L’équipe de Transistor Média en plein travail sur l’épisode 4 dans leur studio à Aylmer. De gauche à droite : Boris Proulx, journaliste, François Larrivière, monteur, Marie-Hélène Frenette-Assad, productrice et Julien Morissette réalisateur et animateur

Balado «Synthèses»: l'humanité derrière le meurtre de Louise Chaput

En novembre 2001, la Sherbrookoise Louise Chaput, partie faire de la randonnée au mont Washington, dans le New Hampshire, est retrouvée poignardée en bordure d’un sentier touristique. Pour le deuxième balado de sa série «Synthèses», la boîte gatinoise Transistor Média se penche sur le cas Louise Chaput. Un meurtre commis il y a bientôt 18 ans et toujours non résolu.

Les prémices de Synthèses : Le cas Louise Chaput, qui sera disponible dès mardi, sont nées alors que l’équipe qui planche sur le cas Valérie Leblanc, rencontre Marie Pinault, la coroner désignée dans l’affaire du meurtre de la jeune Gatinoise en 2011.

« Elle s’est intéressée aux enquêtes et à la pratique du métier de coroner, parce que sa meilleure amie, Louise Chaput, a été assassinée en 2001 au New Hampshire. Et les circonstances de ce meurtre étaient étrangement similaires à l’assassinat de Valérie Leblanc, à Gatineau », précise Julien Morissette, réalisateur et animateur de Synthèses et co-fondateur de Transistor Média.

« Notre point départ, c’est donc Marie Pinault qui avait constitué un bon dossier d’enquête et qui n’a jamais cessé de s’intéresser aux développements du cas Louise Chaput », ajoute le journaliste Boris Proulx.

Ainsi depuis novembre 2018, l’équipe a entamé les démarches pour reconstituer l’histoire de ce meurtre sordide irrésolu. « Ç’a pris des mois d’échanges téléphoniques avant de pouvoir faire des approches et des entrevues », souligne le réalisateur.

Outre s’être entretenu avec la famille de Louise Chaput, dont ses deux filles, Boris Proulx s’est rendu jusqu’au New Hampshire pour rencontrer entre autres des témoins, des employés du « lodge » à proximité du sentier et des journalistes locaux.

Il s’apprête d’ailleurs à faire un troisième voyage au New Hampshire pour s’entretenir avec des policiers. « Ça fait des mois qu’on essaye de parler au détective West qui travaille sur ce cold case, et on va enfin avoir la chance de le rencontrer », indique-t-il.

S’il n’est pas toujours facile de parler avec les policiers d’une enquête, le défi est encore plus ardu quand le meurtre a été commis à l’étranger. « Les policiers se demandaient quel était l’intérêt public d’en parler. On a aussi été confrontés à une différence de perception culturelle majeure : pour les enquêteurs, une femme qui faisait de la randonnée seule, c’était louche. Elle fuyait quelque chose ou avait un amant », mentionne Julien Morissette.

La liberté du balado

Comme pour la première saison, Synthèses : Le cas Louise Chaput sera composé de cinq épisodes mis en ligne chaque mardi par QUB radio. Chaque production d’épisode requiert environ 300 h de travail, auxquelles s’ajoute tout le travail en amont : les recherches dans les archives des médias, les rencontres et les entrevues.

Lors de notre entretien, l’équipe en était à peaufiner le quatrième épisode. « On se laisse du temps pour le cinquième épisode. Ça nous permet de retourner au New Hampshire et d’être sur place à la même période que le meurtre est arrivé », précise Julien Morissette.

L’équipe n’exclut pas non plus la possibilité d’un sixième épisode. « On se laisse toujours du matériel et du temps parce que souvent, lorsque les gens ont entendu les épisodes, ils apportent de nouveaux éléments d’enquête et il y a de nouveaux témoignages », poursuit-il.

Le format du balado est aussi un avantage sur le terrain, selon le journaliste Boris Proulx, qui a également rédigé le scénario des épisodes. « La vidéo alourdit la collecte d’informations. Alors qu’avec l’audio, on réussit à atteindre un plus haut niveau de confidence. Il y a des choses qui sont révélées, qui n’étaient jamais sorties ailleurs », confie-t-il.

Le réalisateur Julien Morissette tient également à rappeler que « l’objectif n’est pas de faire le travail à la place des policiers ». « Ça nous permet de ramener un peu d’humanité dans ce meurtre. Les conséquences que ç’a eu dans son entourage, l’incertitude pour ses enfants et ses amis, le climat d’insécurité au mont Washington », assure-t-il.

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POUR L'ÉCOUTER

Quand ? Chaque mardi à partir du 5 novembre

Où ? En ligne sur qub.radio, sur l’application QUB Radio ; via iTunes et Google Play