Attention aux fraudeurs sur Facebook

Un certain Michel Letourneux a contacté au moins quatre citoyens de la région par Facebook samedi soir pour connaître leur mot de passe et code d’accès afin d’accéder à leur compte bancaire en ligne pour y déposer un prêt. Il s’agit vraisemblablement d’une tentative de fraude venant d’un individu utilisant un faux compte. Le Service de police de Sherbrooke rappelle aux internautes d’être vigilants.

« Dès qu’on a un nouvel “ami” qu’on n’a jamais vu de notre vie, il faut être sur nos gardes tout de suite », insiste le sergent Danny O’Connor, du SPS. 

Lorsque Vicky Letarte a remarqué le comportement douteux d’un utilisateur Facebook du nom de Michel Letourneux, elle a vite partagé les échanges sur son compte pour alarmer son entourage. Trois autres personnes de son réseau avaient eu des messages similaires dans la même soirée.

Même si l’individu supprime son compte après la tentative de fraude, le SPS assure qu’il peut laisser des traces. « Il y a des ententes avec la sécurité de Facebook et nos enquêteurs. Ils peuvent être en mesure de trouver les adresses IP de tous les ordinateurs qui ont créé des comptes. On peut savoir exactement quelle adresse de quel ordinateur a créé tel compte. Ça donne tout de suite une idée de qui est le suspect », explique le sergent O’Connor.

Si un internaute est victime d’une tentative de fraude, la chose à faire est de garder les messages et de les montrer aux policiers pour que ceux-ci aient assez de preuve pour ouvrir un dossier. Même si la transaction ne se fait pas parce que les internautes voient clair dans le jeu du fraudeur, les échanges peuvent être présentés aux policiers pour alimenter les dossiers. « C’est tout de même une tentative. Il fait le crime. C’est traduit quand même devant les tribunaux », soutient le sergent du SPS.

De plus en plus de cas chaque année

« Il y en a malheureusement plein des dossiers comme ça. C’est un crime très commun de nos jours, comparé aux années 2010. Ça a pris une croissance très importante dans le travail qu’on a à faire », partage aussi M. O’Connor

Selon le sergent du SPS, dans la majorité des cas les fraudeurs viennent de l’extérieur du Québec, et dans ces cas-là, il devient impossible de retrouver la personne pour l’amener devant la justice. « On n’a pas de juridiction à poursuivre une personne de la Côte d’Ivoire par exemple, qui est un pays qui revient souvent dans des cas de cybercriminalité. Quand ça vient de là-bas, on ne peut rien faire avec le dossier et les personnes qui se font arnaquer perdent beaucoup d’argent. C’est impossible de poursuivre les enquêtes quand on sait que ça vient d’un autre pays », explique-t-il, en mentionnant que plusieurs fraudeurs viennent aussi du Québec.

Les cas de cybercriminalité relèvent surtout de la Sûreté du Québec, qui travaille conjointement avec les policiers de chaque région. « Le site web de la Sûreté du Québec explique bien quoi faire dans des situations comme ça, sous l’onglet cybercriminalité », termine le sergent O’Connor.