Le patient qui a attaqué des employés de l’Hôtel-Dieu la semaine dernière doit maintenant faire face à la justice.

Attaque à l'Hôtel-Dieu : le patient doit faire face à la justice

Le patient qui a attaqué des employés de l’Hôtel-Dieu la semaine dernière doit maintenant faire face à la justice. Jean-Paul Tuyisenge, un homme de 26 ans, fait face à des accusations de voies de fait et de voies de fait armées qui ont été déposées pour les gestes commis le 18 octobre. Il doit aussi faire face à des accusations de voies de fait causant des lésions pour des gestes commis le 21 octobre. De son côté, le CIUSSS de l’Estrie — CHUS a amorcé une enquête après les événements survenus mercredi et vendredi passés.

L’avocat de M. Tuyisenge, Me Patrick Fréchette, a demandé une évaluation psychiatrique sur son aptitude à comparaître.

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Mercredi dernier, le patient en psychiatrie s’en est pris à Steve Dumas, un agent de sécurité, en tentant de le blesser avec une brosse à dents modifiée. Le vendredi suivant cet incident, il a frappé un employé qui se retrouvait avec lui.

À la suite de ces épisodes, M. Dumas, qui est agent de sécurité depuis 20 ans, a réclamé plus de ressources afin d’aider le personnel à faire son travail, dont plus d’outils, plus de personnel et davantage de formation.

« Tous les employés ont été rencontrés par leur chef de service, pour faire avancer l’enquête, mais aussi dans une optique de soutien, pour s’assurer de faire un débriefing. On a des experts à l’interne, des préventionnistes qui sont à intervenir, pour comprendre comment on peut expliquer la situation et surtout mettre en place des mesures qui pourraient bonifier ce qui est déjà en place », commente Josée Paquette, directrice adjointe à la direction des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Bien qu’on se prépare à ce genre d’événements, parce que parfois la clientèle qu’on dessert a des besoins très complexes, on peut seulement les déplorer. On prend très au sérieux la sécurité de nos employés. »



On n’a pas identifié d’enjeux plus prévalents dans ce secteur-là.
Josée Paquette

L’enquête du CIUSSS et celle de la police sont deux choses distinctes, a souligné Mme Paquette.

Interrogée à savoir si la pénurie de personnel se fait plus particulièrement sentir en psychiatrie, Mme Paquette note que les enjeux de rareté de main-d’œuvre se font sentir partout au sein de l’organisation. « On n’a pas identifié d’enjeux plus prévalents dans ce secteur-là; ce sont des défis chaque jour pour combler les quarts de travail. »

Elle ajoute que la problématique entraîne du même coup un important roulement de personnel.

En entrevue lundi, le conseiller syndical du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Éric Bergeron, a fait valoir que des employés sont craintifs et qu’ils auraient besoin de recevoir de la formation à nouveau.

Mme Paquette souligne que le CIUSSS travaille étroitement avec l’Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales (ASSTSAS) en matière de formation. De façon plus spécifique, à l’interne, le CIUSSS veut trouver « des mécanismes plus réguliers et récurrents » afin que le personnel puisse avoir accès à de la formation et à des pratiques pérennes. « Dans le contexte du roulement de personnel, ce n’est pas une mince tâche... », souligne-t-elle.