Arrêté pour avoir voulu jouer les « shérifs du web »

On peut se retrouver dans de mauvais draps si on s'improvise « shérif du web», notamment pour traquer des prédateurs sexuels. Un homme de Sherbrooke vient de l'apprendre et pourrait en payer les conséquences.
William Drapeau
L'Équipe d'enquêtes sur l'exploitation sexuelle des enfants sur internet de la Sûreté du Québec (SQ), en collaboration avec la Régie de police de Memphrémagog, a procédé jeudi à l'arrestation d'un homme de Sherbrooke.
William Drapeau, 27 ans, a comparu au palais de justice de Sherbrooke pour faire face à des accusations de méfaits et de harcèlement. Les policiers ont réalisé une perquisition au domicile du suspect et du matériel informatique a été saisi pour analyse.
Drapeau aurait tendu des pièges à de supposés prédateurs sexuels en leur donnant rendez-vous dans le but de leur faire passer un mauvais quart d'heure, explique la sergente Ingrid Asselin, porte-parole de la SQ. «Du harcèlement et des méfaits sur une voiture ont été commis», dit-elle.
«L'enquête se poursuit dans ce dossier et d'autres arrestations pourraient avoir lieu.»
Les témoins d'actes illégaux, notamment sur internet, sont priés de contacter les policiers au lieu de tenter de se faire justice, dit-elle.
En matière de pornographie juvénile, même pour traquer les malfaiteurs sur le web, il est interdit de se faire passer pour une personne de moins de 18 ans, ajoute Mme Asselin.
«En tentant de communiquer avec de supposés prédateurs sexuels, on risque de se retrouver avec du matériel qui préconise ou conseille une activité sexuelle avec une personne de moins de 18 ans, ou avec des photos de pornographie juvénile», dit-elle.
«Les gens s'exposent alors à des accusations de possession, de distribution et production de pornographie juvénile, et possiblement de leurre au moyen d'un ordinateur. »
De façon générale, les éléments d'informations recueillies par un citoyen peuvent rarement être utilisés comme preuve à la cour et ne peuvent donc pas servir à porter des accusations, précise la sergente.
Toute information portant sur des activités suspectes ou criminelles peut être communiquée à la Centrale de l'information criminelle de la SQ au 1 800 659-4264. Depuis 2010, la Sûreté du Québec s'est dotée d'une structure lui permettant de bénéficier de l'expertise de plus de 250 enquêteurs formés pour enquêter sur l'exploitation sexuelle des enfants sur internet, souligne-t-elle.