Le révérend Jean-François Labrie et son avocat Me Robert Brunet demande l’appui d’autres ministres du Culte qui pratiquent l’imposition des mains pour la guérison spirituelle.

Appel à tous du révérend Labrie

Le révérend de l’église Inter-Foi de North Hatley Jean-François Labrie invite les représentants de toutes les confessions qui pratiquent la guérison spirituelle à se lever et à l’appuyer.

« Je ne suis pas le seul à pratiquer la guérison spirituelle. Les représentant de beaucoup d’autres cultes font l’imposition des mains. Je fais un appel à tous les cultes à venir dire qu’ils font la même chose que moi », a mentionné le révérend Labrie, vendredi, à la sortie du tribunal au palais de justice de Sherbrooke.

Son procès entrepris en octobre 2017 pour pratique illégale de la médecine a été reporté au 22 juin prochain le temps que la Cour suprême se penche sur sa demande d’appel.

Après avoir été débouté par la Cour d’appel la semaine dernière, Jean-François Labrie a confirmé son intention de déposer une requête en permission d’en appeler devant le plus haut tribunal au pays concernant le secret professionnel qu’il prétend avoir à l’égard de ceux qui le consultent.

« La Cour d’appel a rejeté nos arguments sans que les motifs soient mentionnés. Elle affirme que notre appel est contraire aux principes juridiques sans mentionner lesquels », indique l’avocat de la défense Me Robert Brunet.

Selon lui, la cause du révérend Labrie pourrait intéresser la Cour suprême à s’y pencher sur le fond.

« Il y a absence de jurisprudence en la matière au Québec. Il n’y a que des décisions au Manitoba et en Ontario. C’est une question importante qui devrait intéresser la Cour suprême », affirme Me Brunet.

La décision de la Cour d’appel a été déposée au dossier du procès devant le juge Érick Vanchestein au palais de justice de Sherbrooke. La suite du procès est suspendue jusqu’à ce que la Cour suprême décide ou non d’entendre la cause.

Me Robert Brunet rappelle que les murs de plusieurs lieux de culte catholiques témoignent de reliques de personnes qui ont été guéries par intercession de la foi.

« Il y a des soirées d’imposition des mains à l’oratoire Saint-Joseph. Les gens demandent une guérison spirituelle en espérant une guérison physique. C’est en plein ce que fait Jean-François Labrie. Nous invitons des gens de toutes les religions à se lever et à venir témoigner de ce qu’ils font pour appuyer mon client. Ils doivent venir dire qu’ils pratiquent ce rituel d’imposition de mains pour la guérison spirituelle », signale Me Brunet.

Il estime que l’issue du procès de Jean-François Labrie pourrait avoir des impacts dans plusieurs églises de diverses confessions.

« C’est une pratique biblique qui est enseignée. Cette discipline spirituelle doit perdurer dans la foi. Ce n’est aucunement une question d’argent. Je ne peux toucher de salaire pour ce que je fais. Je redonne l’argent qui m’est donné aux fondations », assure Jean-François Labrie.

Le juge Vanchestein avait déterminé en première instance que le révérend Labrie occupe la fonction de ministre du culte, mais que l’aspect religieux ne constituait pas la caractéristique dominante ou le but principal de la communication. Il avait conclu que les consultations des plaignants avec Jean-François Labrie « ne font donc pas l’objet du privilège relié aux communications religieuses ou du secret professionnel d’un ministre du culte ». La Cour d’appel a maintenu cette décision.