La commission scolaire Eastern Townships confirme que le retour à l’école du jeune homme se fera « dans les prochains jours ».
La commission scolaire Eastern Townships confirme que le retour à l’école du jeune homme se fera « dans les prochains jours ».

Altercation à Alexander Galt : la couronne rectifie les faits

Le dossier de l’agression au couteau à l’école Alexander Galt est revenu devant la cour vendredi matin et le procureur a saisi l’occasion pour rectifier les faits et amener plusieurs précisions sur ce qui s’est réellement passé.

Rappelons que selon Sabrina Morency, la mère de la victime, un jeune homme aurait, le 15 octobre dernier, sorti un couteau, se serait approché de sa fille et aurait mis le couteau proche de sa gorge. Or la réalité diffère de façon importante. Une caméra de surveillance a filmé l’altercation.

« On peut voir cinq ou six jeunes dans le corridor, dont l’accusé et la victime, indique François Houle, procureur aux poursuites criminelles et pénales en jeunesse à Sherbrooke. On constate qu’il y a une altercation verbale. On la voit, mais on ne l’entend pas. À un certain moment, le jeune sort un couteau de sa poche et le tient au niveau de sa poitrine en direction de la victime à environ un mètre. Il n’y a pas de mouvement en direction de la victime et il tient le couteau pendant une vingtaine de secondes avant de le ranger lui-même. Il n’y a pas eu d’intervention externe pour lui faire ranger le couteau. »

En conséquence de ces faits et tel qu’écrit dans La Tribune de vendredi, le jeune homme a été dirigé vers des sanctions extrajudiciaires.

« C’est un processus qui est à l’écart de la cour, explique Me Houle. Le jeune va être rencontré par un criminologue ou un travailleur social et s’il répond bien au programme qu’on lui propose pour ne pas que des gestes comme ça se reproduisent, il n’aura pas à retourner devant le juge et il n’y aura pas de casier judiciaire. C’est une procédure usuelle en jeunesse. »

L’avocate de la défense, Annie-Pierre Babineau, s’est réjouie de cette rectification des faits.

« Je suis très contente que mon confrère de la couronne ait rectifié les faits pour s’assurer que les faits disponibles au grand public soient les vrais, mentionne l’avocate en droit de la jeunesse à l’aide juridique. C’est à cela que sert le système de justice. C’est important pour mon client et j’espère que les autorités vont prendre des mesures pour qu’il ait droit à une éducation, ce qu’il n’a pas pour le moment. »

Le jeune homme n’est toujours pas de retour en classe.

La commission scolaire Eastern Townships confirme que le retour à l’école du jeune homme se fera « dans les prochains jours ».

« Je trouve que c’est déplorable que des jeunes souffrent parce que les faits réels ne sont pas ceux qui ont été initialement rapportés par les médias », a tenu à mentionner Éric Campbell, secrétaire général de la commission scolaire.

Des mesures ont été prises pour éviter que les deux jeunes se retrouvent seuls ensemble.

Pas de faux témoignage

Même si le témoignage de la victime a été invalidé par une caméra de surveillance, aucune action en justice ne sera entreprise pour faux témoignage.

« La jeune a relaté la situation de la façon dont elle l’a vécue, explique Me Houle. Les souvenirs peuvent changer avec les émotions. Il y a d’autres témoins qui ont été rencontrés. On a décidé d’utiliser la caméra, mais il n’est pas du tout question de faux témoignage dans cette situation. »