Agressions sexuelles: les demandes d'aide ont triplé dans des CALACS

La vague de dénonciations d'agressions sexuelles qui a sévi récemment a fait qu'en 10 jours, les Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel ont vu les demandes d'aide qui leur sont adressées tripler, voire quadrupler.

Du 16 au 26 octobre seulement, ces nouvelles demandes pour obtenir des services ont crû de 100 pour cent à 533 pour cent, selon le CALACS.

«C'est immense. Et pour de petites équipes parfois de deux ou trois intervenantes, ça a un impact vraiment immense, ne serait-ce que sur la santé mentale de ces intervenantes-là, dévouées, qui vont vraiment tout donner pour les survivantes d'agressions à caractère sexuel. Donc, on est dans une situation qui est très préoccupante», a commenté au cours d'une entrevue, mardi, Stéphanie Tremblay, porte-parole du Regroupement des CALACS.

Et ces statistiques font bien état de demandes d'aide, de demandes pour obtenir des services, non pas de simples demandes d'informations, souligne-t-elle.

Parfois, des femmes doivent être inscrites sur une liste d'attente, faute de personnel pour répondre rapidement à la demande.

Argent toujours attendu

Mme Tremblay rapporte par ailleurs que son regroupement n'a toujours pas reçu l'aide financière d'urgence promise par la ministre de la Condition féminine, Hélène David, le 19 octobre dernier.

La ministre avait alors annoncé l'octroi d'une somme de 1 million $ pour les différents organismes d'aide - pas seulement pour le Regroupement des CALACS. La somme devait justement servir à l'embauche de personnel ou à l'allongement des heures d'ouverture des bureaux.

Mme Tremblay est cependant toujours en communication avec le bureau de la ministre et elle croit que les centres membres devraient recevoir des fonds sous peu. Le processus suit donc son cours.

Mme Tremblay fait valoir que le manque d'argent et de ressources dans les CALACS ne date toutefois pas du lancement du mot-clic moiaussi et des révélations touchant Éric Salvail et Gilbert Rozon. Cela fait des années que les Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel réclament un meilleur financement.

Un CALACS peut recevoir une somme annuelle de 200 000 $, parfois plus, parfois moins.

«Il va falloir éventuellement parler du rehaussement du financement de base des CALACS de manière récurrente. Le fonds d'urgence va être utile pour un certain temps, mais cet état d'urgence-là n'est pas nouveau, n'est pas apparu avec le mot-clic moiaussi. Ça fait longtemps que les CALACS demandent un rehaussement de leur financement de base», plaide Mme Tremblay.

Rappelons que le Service de police de la ville de Montréal avait également mis sur pied une ligne téléphonique temporaire, le 19 octobre, pour faciliter l'accès à la dénonciation par les victimes. La ligne avait rapidement reçu quelques centaines d'appels.