Philippe Benoit-Lessard a été reconnu coupable d’agression sexuelle d’une personne de moins de 16 ans et d’introduction par effraction dans le but de commettre une agression sexuelle.

Agression sexuelle sur une mineure inconnue : des circonstances accablantes

« La preuve circonstancielle solide ne permet de tirer aucune autre conclusion que votre culpabilité. »

Au palais de justice de Sherbrooke, vendredi, Philippe Benoit-Lessard a été reconnu coupable d’agression sexuelle d’une personne de moins de 16 ans et d’introduction par effraction dans le but de commettre une agression sexuelle.

La juge Claire Desgens de la Cour du Québec a déterminé que l’accumulation de la preuve permet de tirer la seule conclusion logique que c’est Philippe Benoit-Lessard qui a commis les graves gestes à l’endroit d’une adolescente qu’il ne connaissait pas. 

Le débat central du procès, qui s’est déroulé sur trois jours en mai, s’est fait sur l’identité de l’accusé relativement aux gestes commis dans la nuit du 5 au 6 novembre 2016 dans l’est de Sherbrooke.

Benoit-Lessard a touché aux parties génitales la victime qui était dans son lit avant de tenter de baisser ses leggings. La victime a alors poussé un « cri de mort » ce qui a fait fuir le suspect. 

Ni la victime ni sa mère n’étaient en mesure d’identifier le suspect.

Deux voisins avaient aperçu un individu louche ainsi qu’un véhicule suspect qui avait attiré leur attention. Ils confirment que c’est le même véhicule qui a quitté les lieux après l’agression.

Ces voisins ont donné une description du suspect et de son véhicule. 

« Le véhicule correspondait généralement et non spécifiquement au véhicule décrit par les témoins », a indiqué la juge. 

Une trace de pas pouvant correspondre à celle du suspect a été trouvée près de la chambre de la victime. Les souliers de marque Tony Hawk bleu et noir du suspect ont été saisis, puis comparés.

La juge a souligné que la parade d’identification menée par le Service de police de Sherbrooke avait permis d’identifier Philippe Benoit-Lessard par deux témoins le lendemain des événements. 

« La semelle semblait correspondre aux traces de pas tout près de la chambre de la victime (…) Les descriptions des témoins convergent et peuvent correspondre à votre description physique », a signalé la juge Desgens.

« Invraisemblable »

La juge a indiqué qu’il « apparaît invraisemblable » d’en arriver à une conclusion voulant que ce soit une autre personne que Philippe Benoit-Lessard qui a commis les gestes.

La description correspond à celle de l’accusé. Philippe Benoit-Lessard a été arrêté près des lieux du crime dans un véhicule correspondant à celui dans lequel l’individu qui a quitté les lieux de l’agression a pris la fuite. Une trace de semelle correspondant à la sienne près de la chambre de la victime a été trouvée, alors que les occupants n’ont pas de soulier semblable.

« L’ensemble de la preuve converge inexorablement et logiquement vers votre culpabilité », a déterminé la juge Desgens.

Même si c’était son droit et que le tribunal ne pouvait pas en tirer d’inférence négative, la juge Desgens a mentionné que l’absence d’un témoignage de l’accusé l’avait privée d’explications pouvant lui permettre de tirer une autre conclusion que sa culpabilité.

« Je dois conclure que votre culpabilité est la seule conclusion logique », a déterminé la juge.

Elle a donc retenu la thèse de la poursuite qui était que c’est l’accusé qui était dans l’appartement, a fait les attouchements, s’est sauvé en courant, est parti en trombe dans le véhicule de sa mère avant de revenir et d’être intercepté par les policiers. 

Un rapport présentenciel complet sera confectionné dans ce dossier où une peine minimale d’une année de prison doit être imposée pour l’accusation d’agression sexuelle d’une mineure.

Les observations sur la peine seront fixées le 13 septembre.

Me Stéphanie Côté entend analyser le jugement avant de déterminer si elle le portera en appel.

Me Joanny Saint-Pierre représentait le ministère public.