Philippe Benoit-Lesard subit son procès au palais de justice de Sherbrooke.

Agression sexuelle : Benoit-Lessard plaide qu’il n’était pas là

Philippe Benoit-Lessard prétend que jamais il n’a été sur les lieux d’une agression sexuelle commise en novembre 2016 pour laquelle il subit son procès depuis lundi au palais de justice de Sherbrooke.

L’individu de 32 ans est accusé d’être entré au hasard dans la chambre d’une adolescente de 14 ans et de l’avoir agressée sexuellement, dans l’est de Sherbrooke.

« Je dormais dans ma chambre. J’étais somnolente. J’ai vu la porte s’ouvrir. Je pensais que c’était ma mère. La personne s’est enfargée dans un sac et ça m’a réveillée », explique la victime dans son témoignage vidéo qui a été déposé en preuve.

C’est après que l’agresseur se soit embourbé dans ce sac de bonbons d’Halloween que la victime a vu la silhouette de l’intrus.

« Il était plus costaud. Je n’ai pas vu les traits de son visage. Je n’ai pas porté attention à ses vêtements », explique l’adolescente qui avait 14 ans lors des événements.

Elle a affirmé qu’elle ne connait pas Philippe Benoit-Lessard.

Elle mentionne être restée figée lorsqu’elle s’est rendu compte que ce n’était pas sa mère dans sa chambre, mais un inconnu.

« Il m’a dit en chuchotant : calme-toi et rendors-toi. Je ne savais pas si je rêvais. Il m’a touchée sur la hanche et je l’ai repoussé. Il a par la suite mis sa main dans mon entrejambe et il a essayé d’enlever mon pantalon. Je me suis mise à crier. Il s’est enfui en courant et en s’enfargeant dans mon sac », souligne la victime.

La défense a renoncé à contre-interroger la victime de cette agression.

D’entrée de jeu, la juge Claire Desgens de la Cour du Québec a été informée que le débat central du procès se ferait sur l’identité de l’accusé. L’avocate chargée de la défense de Philippe Benoit-Lessard, Me Stéphanie Côté, ne conteste pas l’agression sexuelle ni l’introduction par effraction, mais plaide que ce n’est pas son client qui était sur place dans la nuit du 5 au 6 novembre 2016.

« Reste à savoir si c’est Philippe Benoit-Lessard qui l’a fait », a expliqué au début du procès la procureure aux poursuites criminelles, Me Joanny Saint-Pierre.

L’enquêteur du Service de police de Sherbrooke Vincent Fontaine a expliqué que Philippe Benoit-Lessard a été arrêté à la suite des gestes.

Ce sont des témoins rencontrés après l’agression qui ont permis de remonter rapidement jusqu’à Philippe Benoit-Lessard, qui est passé sur les lieux à deux reprises à la suite des gestes.

Le cellulaire de Philippe Benoit-Lessard a été saisi. Ce dernier réside à proximité des lieux de l’agression.

Aucune trace d’ADN de Philippe Benoit-Lessard n’a été retrouvée sur les lieux de l’agression sexuelle, soit la poignée de porte, les draps ou les vêtements de l’adolescente.

La mère de la victime a entendu quelqu’un entrer dans la maison avant d’entendre sa fille crier.

« Ma fille était en panique. J’essayais de savoir ce qui s’était passé. Ma fille est restée figée par la peur. Je suis allée appeler le 9-1-1. Je n’ai jamais vu l’individu », mentionne la mère de la victime.

Un témoin a vu un véhicule compact noir sortir de l’entrée de la résidence où l’agression a eu lieu.

Le procès prévu pour trois jours se poursuit mardi.

Éric Nolet reste détenu

Éric Nolet qui avait fui les autorités pendant trois jours au début mai à la suite d’une violente affaire de violence conjugale, devra passer le temps des procédures judiciaires derrière les barreaux.

La juge Claire Desgens de la Cour du Québec a déterminé, lundi, que Nolet ne l’avait pas convaincue qu’il pouvait être remis en liberté sous conditions.

Éric Nolet possède de nombreux antécédents judiciaires. La juge Desgens a déterminé que la société ne pouvait assumer le risque qu’il soit remis en liberté. Le risque pour la victime au dossier a aussi été évoqué dans la décision de la juge Desgens.

Nolet aurait commis des actes de violence conjugale sur sa conjointe en début de soirée le 29 avril dernier dans un logement de la rue de l’Ancêtre dans le secteur Deauville, avant de prendre la fuite. La femme a subi d’importantes blessures, mais sa vie n’est pas en danger.

Pour les gestes commis envers sa conjointe, Nolet est accusé de menaces de mort, voies de fait armées, voies de fait causant des lésions, voies de fait simple, séquestration, port d’arme — un couteau — dans un dessein dangereux et bris de probation.

Un début de poursuite policière a eu lieu après son départ des lieux de l’agression, mais elle a rapidement été abandonnée. Nolet a ensuite laissé son véhicule au centre-ville de Sherbrooke et il a pris la fuite à pied.

Sa voiture a été saisie et une perquisition a eu lieu au domicile de la victime le lendemain.

Des accusations de fuite des policiers et de conduite dangereuse ont également été autorisées.

Un avis de recherche avait été lancé pour retrouver Nolet. Il s’est livré au quartier général du Service de police de Sherbrooke de lui-même trois jours plus tard.

Me Benoit Gagnon de l’aide juridique et la procureure aux poursuites criminelles Me Geneviève Crépeau ont fixé la suite du dossier au 19 juin prochain.

Un interdit de contact a été émis avec la plaignante dans le dossier.