Agression Estrie débordée par les demandes d'aide

« Le gouvernement ne peut pas demander aux victimes de dénoncer et ne pas investir dans les services pour les soutenir. »

À l’instar des autres Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) au Québec, Agression Estrie reçoit une hausse importante des demandes d’aide depuis les affaires Weinstein, Salvail et Rozon dans la foulée de #moiaussi.

« C’est difficile à quantifier en nombre absolu. Une chose est certaine, le téléphone sonne continuellement. C’est certain que ce mouvement amène des victimes à se libérer du poids qu’elles portent », explique la porte-parole d’Agression Estrie, Maggie Fredette.

Agression Estrie estime que les demandes d’écoute téléphonique ont pratiquement doublé en octobre dernier.

L’organisme réussit à faire l’écoute téléphonique et les interventions urgentes, malgré un manque de personnel et d’investissement dans les services d’aide aux victimes d’agressions sexuelles.

« Les cas urgents sont traités en priorité notamment lorsqu’il s’agit d’adolescentes. Pour les suivis individuels, l’attente est cependant plus longue et peut atteindre huit mois », soutient Mme Fredette.

Agression Estrie a reçu récemment une demande pour donner 50 ateliers dans une école secondaire de la région.

« Nous donnons un programme dans les écoles secondaires concernant les violences sexuelles et aussi concernant les relations intimes égalitaires. Il y a des hausses de demandes pour ces ateliers. En 2010, nous avions déposé une pétition réclamant le retour des cours d’éducation sexuelle », rappelle Maggie Fredette.

Trois intervenantes permettent d’offrir les services du CALACS en région.

« Nos intervenants étaient déjà à bout de souffle. Normalement, nous devrions être cinq intervenantes, alors nous sommes en embauche pour une quatrième personne. Pour le moment, il est difficile de combler tous nos besoins. Nous devons être capables non seulement d’agir en prévention, mais aussi en fonction des demandes de services provoquées par ces nouvelles dénonciations », indique Maggie Fredette.

Elle rappelle que la médiatisation de nombreuses agressions sexuelles amène toujours une hausse des demandes.

« Ça s’étire toujours dans le temps. Il y a eu la vague des agressions non dénoncées l’an dernier ou Nathalie Simard il y a quelques années. Chaque fois, on note une hausse des demandes », note la porte-parole d’Agression Estrie.

Dans l’ensemble du Québec, du 16 au 26 octobre, les nouvelles demandes pour obtenir des services ont crû de 100 pour cent à 533 pour cent, selon le CALACS.