L’individu de 62 ans qui aurait lancé un cabaret au visage d’un préposé aux bénéficiaires du département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu à Sherbrooke devra suivre des traitements forcés.

Agression en psychiatrie: des traitements forcés ordonnés contre le patient

L’individu de 62 ans qui aurait lancé un cabaret au visage d’un préposé aux bénéficiaires du département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu à Sherbrooke devra suivre des traitements forcés.

Le juge Paul Dunnigan de la Cour du Québec a déterminé, lundi, qu’il n’était pas apte à faire face aux procédures judiciaires.

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Des accusations de voies de fait simples déposées pour des évènements allégués le 21 novembre 2019 et celles de voies de fait armées et voies de fait causant des lésions le 18 décembre dernier ont été autorisées contre l’individu.

Étant donné qu’il n’est pas en mesure d’affronter le processus judiciaire, les accusations sont suspendues le temps que la médication puisse le rendre apte. Il restera détenu en psychiatrie à l’Hôtel-Dieu pour au moins les 30 prochains jours, le temps d’ajuster sa médication.

« Un traitement forcé a été ordonné par le tribunal », mentionne Me Benoit Gagnon de l’aide juridique.

Agressé avec un cabaret

Le préposé aux bénéficiaires aurait été frappé à la tête à l’aide d’un cabaret de repas le 18 décembre dernier. Des blessures mineures avaient été constatées à l’urgence de l’Hôtel-Dieu où il s’était rendu après l’agression.

Une plainte pour agression armée avait été déposée au Service de police de Sherbrooke (SPS) et des policiers s’étaient rendus au pavillon Émile-Noël pour prendre les dépositions.

Rappelons que le 11 décembre 2019, le SPS avait effectué une perquisition de drogue sur trois des étages du département de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke. Cette opération policière avait été rendue nécessaire après que plusieurs évènements inquiétants se soient déroulés dans le département au cours des dernières semaines.

Des employés de la psychiatrie s’étaient fait crever leurs pneus dans le stationnement de l’hôpital et plusieurs d’entre eux ont reçu des menaces de mort dans les semaines précédentes. Il y avait aussi des soupçons de consommation et de revente de drogue au sein du département.

Une semaine plus tard, cette agression était survenue. Exaspéré et découragé, l’infirmier Jean-Sébastien Blais avait lancé un vibrant cri du cœur sur Facebook après avoir vécu, avait-il écrit, l’une des journées les plus difficiles de sa carrière. Il avait été témoin de l’agression au cabaret envers son collègue.

« L’unité où je travaille ressemble maintenant à ce que l’on appelait autrefois... un asile! Un paquet de patients cordés là : des vieux malades, des plus jeunes, des déficients, des criminels, des toxicomanes... Malgré les cris à l’aide du personnel soignant, infirmières, infirmières auxiliaires et préposés... Aucun soutien de l’administration. (...) Des préposés utilisés comme des pions qui peuvent être interchangés. À recevoir des claques sur la gueule et se faire menacer de mort. Un personnel infirmier laissé à lui-même, car les médecins ont juste lâché prise... Résultat : du personnel ébranlé, des infirmières les yeux rouges et bouffis, des voix tremblantes par l’épuisement... »

L’infirmier a été suspendu pour trois semaines sans solde après cette sortie publique.

Pour le soutenir, ses collègues ont lancé une collecte de fonds pour l’aider à surmonter ces trois semaines sans salaire. Jusqu’ici, un peu plus de 3300 $ ont été récoltés sur un objectif de 3500 $.