La réintégration d’un élève qui aurait agressé une autre élève avec une paire de ciseaux à l’école du Tournesol à Windsor s’est bien déroulée mercredi.

Agression au Tournesol : une chance offerte à l’élève

La Commission scolaire des Sommets estime que le nécessaire a été fait pour permettre la réintégration sécuritaire d’un élève qui aurait agressé une adolescente avec une paire de ciseaux à l’heure du retour à la maison, en décembre, à l’école secondaire du Tournesol à Windsor.

« Chaque fois qu’on a une situation particulière, on prend le temps d’évaluer le dossier en fonction de la situation et de l’historique de l’élève. Dans ce cas-ci on pense que la réintégration est possible sans nuire à la sécurité des élèves. C’est un choix qu’on fait de donner une chance à cet élève-là », explique la directrice générale de la CS des Sommets Édith Pelletier.

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Le père de la jeune fille de 12 ans, André Paquin, s’était montré très inquiet, la veille, de savoir que le présumé agresseur allait réintégrer l’école mercredi, en attendant la suite des procédures judiciaires au Tribunal de la jeunesse pour voies de fait armées. Sur Facebook, plusieurs parents ont manifesté la même inquiétude tandis que le père informait que sa fille ne se présenterait pas en classe mercredi par crainte de croiser le jeune homme de 15 ou 16 ans.

Or après une rencontre qui a réuni en avant-midi deux parents des élèves concernés, la direction de l’école et le directeur général adjoint de la Commission scolaire des Sommets dans le but de « rassurer tout le monde », la jeune fille se serait elle aussi présentée à ses cours en après-midi.

« La réintégration s’est bien passée », relate Édith Pelletier, en entrevue avec La Tribune en début d’après-midi.

Liée par des règles de confidentialité compte tenu notamment de l’âge des élèves et de la judiciarisation de l’affaire, Mme Pelletier s’est montrée prudente dans ses commentaires.

Elle a expliqué que l’école avait prévu pour l’élève un transport différent de celui de la jeune fille « pour s’assurer que les deux jeunes ne se côtoient pas ».

À l’intérieur des murs de l’école, les deux jeunes ne sont pas non plus dans les mêmes salles de classe, vu leur âge, et l’élève réintégré va être « en présence d’un adulte en tout temps » pour assurer une surveillance, précise Mme Pelletier.

« Ces mesures vont rester en place tant que la situation va l’exiger. Ça pourrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année scolaire », ajoute-t-elle en spécifiant que l’école allait évidemment se conformer aux directives du tribunal.

Questionnée sur les communications prévues pour les autres élèves et parents de l’école, Mme Pelletier assure que la direction a donné toutes les informations nécessaires, dans les limites que lui posent les règles de confidentialité. « Les autres élèves de l’école ont été rencontrées en début de semaine pour expliquer la situation et il n’y aura pas de communications aux autres parents. On a toutefois dit aux élèves que leurs parents pouvaient appeler la direction au besoin. »

Elle précise que les ressources de l’école — psychologues et psychoéducateurs notamment — sont également mises à contribution pour les élèves. « On a vu l’inquiétude des parents sur Facebook, précise Mme Pelletier, mais on n’a pas eu d’appels à l’école jusqu’à maintenant même si la direction s’est montrée ouverte à répondre aux questions. »

À savoir, enfin, si la Commission scolaire des Sommets est souvent le théâtre de semblable situation, elle répond sans hésitation : « Ça n’arrive pas 12 fois par année, mais ça arrive chaque année ».

L’altercation entre les deux adolescents était survenue dans un autobus en attente de quitter le stationnement de l’école. Selon les informations qui avaient circulé en décembre, la victime n’avait heureusement pas été blessée de façon importante. La lame de quelques centimètres des ciseaux avait coupé son manteau. L’école attendait le jugement de la cour pour réintégrer l’élève, mais étant donné que son dossier a été reporté du 11 janvier au 22 février — et non pas au 22 janvier comme rapporté erronément dans nos pages mercredi —, elle a décidé de procéder.

André Paquin n’avait pas répondu à l’appel de La Tribune en fin de journée mercredi.