Coupable de meurtre, un ancien locataire des Résidences Soleil Manoir du Musée de Sherbrooke, Denis Paulet, âgé de 72 ans, est accusé d’avoir agressé sexuellement une voisine présentant des problèmes cognitifs.
Coupable de meurtre, un ancien locataire des Résidences Soleil Manoir du Musée de Sherbrooke, Denis Paulet, âgé de 72 ans, est accusé d’avoir agressé sexuellement une voisine présentant des problèmes cognitifs.

Agressée par un meurtrier dans sa résidence pour aînés

Le meurtrier d’une mère et sa fille en mai 1992 à Brossard est accusé d’avoir agressé sa voisine dans une résidence pour personnes âgées de Sherbrooke et de lui avoir causé des lésions en novembre 2019.

Denis Paulet, 72 ans, était locataire aux Résidences Soleil Manoir du Musée de la rue Frontenac lorsqu’il s’en serait pris à une femme qui y résidait.

Bénéficiant d’une libération conditionnelle depuis juillet 2019, Paulet aurait commis le crime le 15 novembre 2019 à l’endroit d’une dame présentant des problèmes cognitifs.

« Jamais personne de la Commission des libérations conditionnelles du Canada ne nous a informés du passé de cet individu. Ce n’est pas une information que nous demandons à ceux qui veulent résider chez nous, mais ce serait la moindre des choses d’être informés par les autorités du passé criminel des gens », explique le directeur régional des résidences Soleil pour l’Estrie, Gilles Lavoie.

Maintenant détenu au pénitencier Archambault à Sainte-Anne-des-Plaines, Paulet doit être de retour au palais de justice de Sherbrooke le 12 mars.

Son avocate Me Jessyca Duval de l’aide juridique a mentionné au tribunal, lundi, qu’elle prendra position relativement à la tenue d’une enquête sur remise en liberté.

C’est la procureure aux poursuites criminelles Me Marie-Line Ducharme qui a autorisé les accusations dans cette affaire de voies de fait causant des lésions.

Gilles Lavoie signale que des démarches ont été entreprises avec la Régie du logement afin d’expulser Denis Paulet dès le dépôt de la plainte criminelle dans cette affaire en novembre 2019.

« L’individu était très sympathique lorsqu’il s’est présenté chez nous. Il avait loué un logement trois pièces et demi et avait signé son bail. Il nous disait qu’il travaillait de nuit dans une maison de transition », mentionne M. Lavoie.

Le Regroupement québécois des résidences pour aînés signale que le propriétaire d’une résidence peut refuser de louer un logement dans certaines circonstances, dont celle où la personne possède un casier judiciaire.

« Il n’y a aucune obligation de vérifier les antécédents judiciaires d’une personne qui souhaite louer un logement dans une résidence pour aînés, mais rien n’empêche le locateur de le faire. Même si ce n’est pas habituel de le faire en résidence privée pour aînés où tout porte à croire que la clientèle ne pose pas de problème, la vérification des antécédents judiciaires peut être faite entre autres au plumitif, avec des firmes de vérifications ou en demandant des références. Il y a plusieurs façons de vérifier, mais ce n’est pas une obligation contrairement au personnel ou aux bénévoles dont le casier judiciaire doit être obligatoirement vérifié », explique l’avocate-conseil du Regroupement québécois des résidences pour aînés, Me Miriam Morissette.

Vigilance

C’est la vigilance du personnel du Manoir du Musée qui a permis de découvrir les gestes dont Denis Paulet est accusé.

« La dame n’était pas comme à son habitude. Certaines vérifications ont été faites, puis une plainte a été déposée au Service de police de Sherbrooke. Denis Paulet a collaboré à l’enquête, puis nous ne l’avons jamais revu. C’est en faisant une recherche qu’un employé a découvert son passé », mentionne Gilles Lavoie.

Ce passé, c’est 26 années de réclusion. 

Denis Paulet a été condamné à l’emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans après avoir été trouvé coupable des meurtres prémédités de ses voisines, Bercuhi Leylekoglu et sa fille de deux ans, Talin, des immigrantes arméniennes.

Selon La Presse, le crime commis le 26 mai 1992 à Brossard était motivé par le racisme. 

Les deux victimes avaient été ligotées et étranglées. Une croix gammée et le mot « Terminator » avaient été tracés par le meurtrier sur le mur de la chambre de la famille d’origine arménienne.

Lors de sa dernière audition devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC), Denis Paulet a obtenu une semi-liberté.

La CLCC mentionnait que Paulet présentait un faible risque de récidive et qu’il s’était bien comporté lors de sa détention.

Les commissaires lui avaient imposé de demeurer dans un « encadrement structuré » jusqu’à la fin de ses jours pour favoriser sa réinsertion sociale.

La dernière évaluation psychologique, en juillet 2017, conclut que Denis Paulet a un faible risque de récidive violente. Toutefois, il affiche une « personnalité psychotique, qui peut décompenser et mener à des pertes de contact avec la réalité ». C’est d’ailleurs sa « désorganisation psychologique et son instabilité émotive » qui expliqueraient son crime. Avec La Presse