Agressée de 1979 à 1982 : une victime d'André Shannon jamais remise

SHERBROOKE — « Je pense à un monstre, à un être complètement dérangé. Il a scrapé ma vie. »

Par des gestes sexuels commis sur un garçon au début des années 80, André Shannon a détruit une bonne partie de la vie de la victime.

Shannon, qui réside maintenant à Montréal, a été condamné, vendredi, à une peine « individualisée » de deux ans moins un jour de prison à purger dans la collectivité au palais de justice de Sherbrooke.

L’homme de 73 ans a plaidé coupable à des accusations d’attentat à la pudeur et de grossière indécence sur un garçon entre janvier 1979 et décembre 1982 à Magog et Stanstead.

La victime s’est adressée au tribunal concernant les conséquences des actes sexuels répétés que Shannon lui a fait subir.

« Je n’ai jamais réussi à mettre en mots la peur et la terreur que j’ai vécue. J’ai eu peur pour ma vie. Je vivais sous son contrôle. Il avait pris des photos de moi. J’avais peur d’être humilié. Je me sentais seul. Je n’ai pas eu une adolescence ordinaire. Il a tué mon amour propre. J’avais honte de qui j’étais », soutient la victime.

Le plaignant est tombé dans la drogue pour oublier ces gestes d’agression sexuelle avant de sombrer dans l’alcool.

« C’est une boucle qui n’a jamais terminé », signale la victime.

C’est une fois arrivé au bout du rouleau qu’il a dénoncé les gestes qu’il a subis.

André Shannon avait été condamné à une lourde peine de détention dans une autre affaire en matière sexuelle. Il avait alors verbalisé les gestes qu’il a reconnus, vendredi, lorsque la peine de sept ans lui a été imposée.

La procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre et de l’avocat de la défense Me Alexandre Tardif ont tenu compte de cette situation dans la suggestion commune faite au tribunal.

« Je regrette ce qui s’est passé dans ce temps-là. J’ai eu le temps de réfléchir. J’ai vécu des thérapies. Je mène une vie tranquille », a indiqué Shannon avant de se voir imposer la peine de détention dans la collectivité.

Une probation de trois ans avec un suivi de douze mois lui a été imposée. Il devra alors suivre toute thérapie liée à sa délinquance sexuelle.