Louis-Karl Lambert a été acquitté d’un bris de condition de ne pas posséder d’ordinateur.

Acquitté d’un bris de conditions

La bonne intention d’une amie de Louis-Karl Lambert a plutôt placé ce dernier dans une situation précaire

Il a été détenu deux nuits avant de subir son procès pour une accusation de bris de conditions, dont il a été acquitté, mercredi, par la juge Claire Desgens de la Cour du Québec.

Lambert est en attente d’une peine de détention après avoir été reconnu coupable de crimes sexuels sur une mineure.

Il lui était interdit de posséder un ordinateur dans le cadre de ses conditions de remise en liberté. On lui reprochait d’avoir brisé cette condition.

Pour le sortir de son isolement, une amie a utilisé le compte Facebook de Lambert pour envoyer un message à l’ancienne conjointe de ce dernier afin qu’elle puisse le contacter.

Lambert d’accord
« Il était au courant de ce que je faisais. Il ne m’a pas empêché », a expliqué l’amie de Louis-Karl Lambert.

Débordée par son travail et sa famille, l’amie voulait permettre à Lambert de discuter avec une autre personne.

« J’ai utilisé le « tu » comme si j’étais Louis-Karl en donnant le numéro de téléphone de sa mère pour communiquer avec son ex. C’est moi qui ai proposé l’idée », a expliqué l’amie appelée à la barre.

L’avocat de la défense Me Marc-André Champagne de l’aide juridique a plaidé sur le sens de l’interdiction imposée.

« La condition n’était pas de ne pas accéder à Internet. La condition est claire que c’est de ne pas posséder d’ordinateur. Mon client n’a pas possédé d’ordinateur », plaide Me Marc-André Champagne de l’aide juridique.

Bémols
La juge Desgens s’est rendue à l’argument principal de la défense pour acquitter Lambert, mais a émis des bémols.

« Il ne faut pas jouer sur les mots. Le droit criminel est un droit d’application stricte. Avec la preuve qui m’est faite, je n’ai pas la preuve hors de tout doute raisonnable. Il ne semble pas que l’ordinateur était en votre possession. Votre amie vous couvre dans cette affaire. Je vous dirais que vous n’étiez pas loin de la complicité. C’est clair que vous avez accédé aux données. Vous ne gagnerez rien à essayer de contourner la loi. La preuve m’empêche de vous trouver coupable. Je vous fais bénéficier du doute raisonnable », a conclut la juge Desgens.

La procureure aux poursuites criminelles Me Geneviève Crépeau avait plaidé que Lambert avait utilisé Internet d’une façon détournée.

À la suite de l’acquittement, la poursuite a précisé la condition de ne pas accéder de quelque façon que ce soit à Internet personnellement ou par l’entremise de toute autre personne.

Louis-Karl Lambert reviendra devant le tribunal en juillet prochain dans son dossier principal.

En décembre 2017, Lambert a été trouvé coupable de leurre informatique d’une adolescente de moins de 16 ans dans le but de commettre une infraction à caractère sexuel, de leurre informatique d’une personne de moins de 18 ans pour exploitation sexuelle, d’incitation à des contacts sexuels, d’attouchements sexuels et d’agression sexuelle.

Activement à la recherche d’une conjointe sur la page « Spotted célibataire », Lambert a repéré l’adolescente de 15 ans en octobre 2015. Deux semaines après les premières conversations sur les réseaux sociaux en novembre 2015, l’individu de 29 ans a attiré la victime chez lui pour commettre plusieurs gestes à caractère sexuel.