Ronald Bailey a plaidé coupable à sept chefs d'accusation de contacts sexuels et d'incitation à des contacts sexuels sur quatre garçons âgés de 7 à 13 ans entre 1996 et 2011.

Abus sexuels sur mineurs : Ronald Bailey plaide coupable

Après l'audition du deuxième témoin à son procès pour abus sexuels, Ronald Bailey de Magog a coupé court aux procédures en plaidant coupable aux gestes commis sur quatre victimes mineures.
Bailey a plaidé coupable, jeudi au palais de justice de Sherbrooke, à divers sévices sexuels devant le juge Érick Vanchestein de la Cour du Québec.
Bailey a reconnu sept chefs d'accusation de contacts sexuels et d'incitation à des contacts sexuels sur quatre garçons âgés de 7 à 13 ans entre 1996 et 2011.
«La preuve présentée au procès nous a amenés à réévaluer la situation. Mon client m'a donné le mandat de plaider coupable après l'audition du deuxième témoin», explique l'avocat de la défense Me Patrick Fréchette.
Au fil des ans, Bailey avait établi des liens de confiance avec les victimes. Il a reconnu avoir profité de cette situation pour assouvir ses pulsions sexuelles avec ces quatre jeunes garçons.
«Ronald Bailey était un homme de confiance pour les parents des plaignants. Il s'occupait des enfants et leur permettait de faire des sorties et des activités. Il prenait soin d'eux», décrit la procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre relativement au contexte dans lequel se déroulaient les gestes à caractère sexuel.
Une peine détention devrait être suggérée au tribunal lors des observations sur la peine qui devraient se dérouler en septembre prochain.
«C'est clairement un cas où la détention va s'appliquer d'autant plus que certaines peines minimales sont prévues», indique l'avocat de la défense.
Les quatre victimes de Bailey étaient présentes au tribunal pour assister aux plaidoyers de culpabilité de l'accusé. Certains n'ont pu retenir leurs larmes lorsque Bailey a reconnu les sévices sexuels dont ils ont été victimes.
Cadeaux et gestes sexuels
Il a reconnu les gestes sur une première victime qu'il a abusée à une centaine de reprises. Le jeune homme a été la première victime à être appelé à la barre en début de semaine.
Jusqu'à l'âge de 13 ans, le jeune homme, alors enfant, a été victime d'attouchements sexuels.
Ronald Bailey avait toujours fait partie de la famille de cette victime qui venait d'un milieu défavorisé. Bailey lui permettait de faire des activités et lui donnait des cadeaux. Il profitait de cette situation pour commettre des gestes sexuels de masturbation et fellation.
«Pour ce plaignant, il ne savait pas que ces gestes étaient criminels. Il l'a appris par la voix d'un ami qui lui a appris que c'était criminel. Il pensait que c'état normal et que ça faisait partie du quotidien » indique Me Joanny Saint-Pierre.
Un autre plaignant a été victime de Bailey entre 10 et 12 ans. Il faisait partie de l'entourage de l'abuseur sexuel. Bailey lui permettait de conduire sa voiture en le faisant assoir sur ses genoux. Il profitait alors de la situation pour le masturber. Ces gestes ont été répétés à trois reprises.
Un autre plaignant a été victime de Ronald Bailey entre 7 et 11 ans. L'accusé lui a fait plusieurs cadeaux et lui faisait faire des sorties.
Bailey avait établi un rituel avec lui où ils allaient chercher de la nourriture à l'épicerie, louait des films avant que Bailey se couche à ses côtés. Il profitait alors de l'occasion pour abuser de lui. Les gestes de fellation et de masturbation ont été répétés à plusieurs dizaines de reprises. Des gestes ont aussi été commis dans une chambre d'hôtel à Montréal alors qu'ils sont allés voir les feux d'artifice ainsi que sur le bateau de Bailey.
Il n'est pas possible de révéler les faits reconnus sur l'autre victime dont le témoignage a été frappé d'une ordonnance de huis clos.
Bailey, qui avait été remis en liberté à la suite de son arrestation en septembre 2014 dans cette affaire, continuera à respecter ses conditions jusqu'à l'imposition de sa peine.
«Il n'y a pas eu de bris de conditions depuis le début des procédures et ces conditions continuent de s'appliquer. La période qui va s'écouler d'ici l'imposition de la peine va permettre à mon client de réorganiser sa vie», indique Me Fréchette.
Ronald Bailey a déjà été condamné à purger 47 mois de prison en septembre 2008 dans une affaire de drogue.
« Notre jeunesse a été gâchée... »
La reconnaissance de la culpabilité de Ronald Bailey a été accueillie avec soulagement par les quatre victimes.
« C'est un soulagement après toutes ces années et la durée des procédures, Il admet enfin ce qu'il nous a fait. Tout le monde qui avait des doutes par rapport à ce que nous avions vécu ont maintenant une réponse », explique l'une des victimes maintenant âgée de 27 ans.
Bailey a reconnu les faits après le témoignage des deux premières victimes.
« D'après moi, il avait peur de ce qui s'en venait comme témoignages. Il y avait plusieurs victimes. Il n'était peut-être pas prêt à entendre ce qu'il avait fait » soulève ce plaignant.
Il aurait cependant voulu remettre à Bailey les gestes qu'il lui a fait subir.
« J'étais un peu fâché de ne pas avoir pu témoigner. Mon cheminement fait en sorte que je voulais raconter mon histoire. Je veux qu'il sache de ma bouche ce que j'ai vécu. J'ai été révolté toute ma vie. Je ne mets pas mes choix et mes décisions sur lui, mais il y a 80 pour cent que c'est lui qui a gâché mon début de vie, ma jeunesse. Je le considérais comme mon père. Il y avait la peur, la honte. Les cadeaux étaient rendus une routine. Sans acheter notre silence, les cadeaux faisaient sorte que je ne disais rien. Ces gestes vont me rester en tête toute ma vie » », indique cette victime de Ronald Bailey.
Deux victimes invitent les personnes qui vivent de tels gestes à ne pas les garder pour eux.
« Il faut dénoncer ces situations le plus vite possible. Il faut protéger les enfants. Notre jeunesse a été gâchée. C'est certain que je lui en veux. Je ne peux faire autrement que lui en vouloir », explique le plaignant de 27 ans.
« Il faut protéger les autres enfants. C'est une personne qui m'a pas mal tout donné pour abuser de moi. Il faut en parler à quelqu'un. Il a fallu dix ans avant de parler, mais ça m'a fait du bien. Maintenant, il a arrêté. Toute ma vie, je vais garder en dedans de moi ces gestes », ajoute un autre plaignant qui a témoigné à huis clos lors du procès de Ronald Bailey.
Cette victime va toujours se demander pourquoi ces gestes sont arrivés.
« Il a été présent à un moment de ma vie où ma famille l'était moins. Mais il a brisé une bonne partie de mon enfance, mon adolescence et une partie de ma vie adulte. Qu'il soit en prison va faire en sorte de protéger les autres enfants », mentionne celui qui a été victime de Bailey entre 10 et 13 ans.
Les quatre victimes de Ronald Bailey devraient témoigner des conséquences sur leur vie lors des observations sur la peine.
« Ces plaidoyers de culpabilité sont un soulagement pour les victimes. Ils veulent cependant savoir pourquoi il avait commis ces gestes. Les victimes veulent se faire entendre lors des observations sur la peine », a mentionné au tribunal la procureure aux poursuites criminelles, Me Joanny Saint-Pierre.