La procureure aux poursuites criminelles Me Émilie Baril-Côté

52 mois de prison pour Claude-Paul Pinel

SHERBROOKE — Acteur majeur de vols par effraction commis à Sherbrooke en 2017 et 2018, Claude-Paul Pinel a réglé ses comptes avec la justice et passera une longue période en prison.

Une peine de 52 mois de pénitencier à laquelle il restera trois ans et quatre mois à purger a été imposée à Pinel, mercredi, au palais de justice de Sherbrooke.

L’individu de 52 ans a été reconnu coupable de 25 chefs d’accusation en lien avec des introductions par effraction commis à Sherbrooke, mais aussi à Granby et Cowansville.

Pinel visait les salons de coiffure et les nettoyeurs. Ce sont les traces laissées par ses semelles et la triangulation des tours cellulaires qui a permis de le relier aux crimes.

« La preuve n’était pas simple à faire », a indiqué l’avocat de la défense Me Benoit Gagnon de l’aide juridique.

Pinel a aussi reconnu des accusations de possession de cannabis et de cocaïne le 21 février dernier, soit lors de la perquisition pour la série d’introductions par effraction qu’il a reconnue.

Me Benoit Gagnon a expliqué que Pinel était sur une « dérape » de consommation. Il était en rechute lors des événements. Il a commis les vols pour payer sa drogue.

« Je regrette ce que j’ai fait. C’est une rechute à la suite d’événements qui m’ont touché. Je n’ai plus consommé depuis mon incarcération. Je veux continuer mon cheminement en thérapie. Je sais que c’est possible de travailler et de gagner honnêtement mon argent. Je suis un très bon travaillant. La consommation vient chaque fois ruiner mes démarches. Je ne suis pas heureux d’avoir appartenu si longtemps au système », a mentionné Pinel avant d’être condamné à une longue peine de prison par le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec.

Douze mois de détention provisoire ont été retranchés de la peine imposée.

Pinel possède de multiples antécédents judiciaires. Il a déjà été condamné à des peines de pénitencier en 2011 et 2012 pour des infractions semblables.

Maraudage

C’est une enquête intensive de près de cinq mois qui a permis au Service de police de Sherbrooke de résoudre près de 160 dossiers d’introduction par effraction sur son territoire, mais également un peu partout en Estrie, et de procéder à l’arrestation de 29 personnes.

Si les salons de coiffure étaient particulièrement visés, les voleurs ont aussi sévi dans plusieurs commerces, résidences et cabanons. Les chantiers de construction ainsi que les voitures étaient également ciblés. L’enquête a de plus permis de résoudre deux vols qualifiés.

Vingt-neuf personnes, dont Pinel, ont été arrêtées dans le cadre du projet « maraudage ». 

L’enquête initiée en octobre 2017 a permis de résoudre 157 dossiers d’introductions par effraction qui totalisent une valeur de plusieurs dizaines de milliers $.

Me Émilie Baril-Côté représentait le ministère public.

La prison pour un incendie criminel

Une femme de 23 ans sans antécédent judiciaire passera encore dix-huit mois derrière les barreaux dans une affaire d’incendie criminel.

Noëlla Barrieau a déjà purgé sept mois de détention provisoire qui font partie de la peine globale de 25 mois de prison imposée mercredi au palais de justice de Sherbrooke.

Devant le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec, elle a reconnu un incendie criminel mettant la vie de personnes en danger commis en septembre 2017.

« Je suis désolée pour tout ça », s’est exprimée l’accusée en recevant sa peine.

L’accusée a reconnu la trame factuelle d’une affaire de harcèlement qui a culminé par un incendie criminel sur la rue Caroline-Therrien à Sherbrooke.

Deux foyers d’incendie ont été identifiés dans la chambre à coucher de Barrieau et son conjoint.

Il n’y avait aucune possibilité d’introduction par effraction.

Ce sont les voisins qui ont entendu une explosion et alerté les pompiers.

Noëlla Barrieau avait quitté les lieux juste avant le début de l’incendie.

Le conjoint de Noëlla Barrieau a perdu plus de 15 000 $ dans cette affaire.

Elle a été arrêtée en février 2018 à la suite d’une enquête du Service de police de Sherbrooke.

Elle a reconnu des méfaits publics en novembre 2018 en faisant de fausses déclarations dans ce dossier de même que dans une affaire de vol qualifié de 4000 $.

La peine a été imposée à la suite d’une suggestion commune de l’avocate de la défense Me Michèle Lamarre-Leroux de l’aide juridique et de la procureure aux poursuites criminelles Me Isabelle Dorion.

Noëlla Barrieau devra se soumettre à une probation de trois ans à l’expiration de la peine.