Jusqu’à 4 % des gens sont allergiques aux insectes à venin

Sherbrooke — Le risque de souffrir d’une allergie aux insectes à venin est d’environ 1 %, indique-t-on du côté de l’Association des allergologues et immunologues du Québec, un nombre qui pourrait augmenter jusqu’à 4 % de la population selon les études.

Les allergologues du CIUSSS de l’Estrie-CHUS testent chaque année des centaines de patients pour des allergies au venin des guêpes ou des abeilles. Ils offrent aussi la désensibilisation au venin lorsque l’allergie est sévère.

« Il y a quatre réactions possibles à la suite d’une piqûre aux abeilles ou aux guêpes », souligne le Dr Martin Blaquière, allergologue au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« La première réaction possible, c’est une réaction toxique au venin qui a été injecté. Ce n’est pas une allergie. Généralement, ça prend une centaine de piqûres pour avoir une réaction toxique. C’est très rare », précise Dr Blaquière.

Seconde réaction possible : des réactions locales sévères. « C’est la réaction la plus commune. Ça va enfler sur le site de la piqûre. Ça peut enfler beaucoup, par exemple on se fait piquer sur la cheville et ça peut enfler jusqu’en haut de la cuisse. C’est douloureux et inconfortable, ça peut durer de cinq à sept jours, mais ce n’est pas dangereux. Et surtout ce qu’il faut savoir, c’est que la réaction ne sera pas pire lors d’une prochaine piqûre », dit l’allergologue.

On entre ensuite dans les réactions allergiques. Il y a d’abord les réactions allergiques systémiques qui touchent seulement la peau. « Les patients deviennent tout boursoufflés, à la grandeur du corps. Quand la réaction est seulement cutanée, c’est rare que ça dégénère lors d’une exposition subséquente », rassure le Dr Martin Blaquière.

Puis vient l’anaphylaxie, la réaction allergique la plus sévère, comme celle dont a souffert Réal St-Cyr. « C’est la réaction qui a le plus grand potentiel de dangerosité. Les patients risquent de ressortir avec une prescription d’Epipen, des tests d’allergies et, s’ils sont positifs, d’une offre pour un traitement d’immunothérapie, ou de désensibilisation comme on les appelle », explique Dr Blaquière.

Et que doit-on faire en cas de réaction allergique anaphylactique si l’on n’est pas connu pour avoir une allergie et que, conséquemment, on n’a pas d’Epipen à portée de main?

« Il faut traiter les symptômes. Alors si on ressent une gêne respiratoire, si on a de la difficulté à avaler, si on ressent une chute de tension, dans le doute, il vaut mieux traiter. Une réaction allergique, même grave, se traite bien si elle est traitée rapidement », ajoute-t-il.

L’allergologue conseille donc d’aller à l’hôpital ou à la clinique le plus près ou même d’appeler l’ambulance.

S’il ne conseille pas que tout le monde ait un Epipen à la maison si personne n’a d’allergie connue, le médecin précise toutefois que le Benadryl devrait faire partie de la pharmacie de base, comme le Tylenol par exemple. « C’est un médicament qui peut servir dans d’autres usages aussi et qui n’est pas cher. Il peut aider en attendant », explique-t-il.

Une visite à la pharmacie peut aussi être une bonne idée si l’hôpital ou la clinique ne sont pas accessibles rapidement. « Il arrive que des patients se présentent dans les pharmacies dans des situations d’urgence étant donné que ce sont des lieux de proximité. Dans des situations d’urgence, le pharmacien peut injecter de l’Epipen s’il le juge nécessaire », explique Julie Villeneuve, directrice des communications à l’Ordre des pharmaciens du Québec, sans toutefois commenter la situation particulière vécue par Réal St-Cyr.

En effet, depuis 2013, le « Règlement sur les activités professionnelles pouvant être exercées dans le cadre des services et soins préhospitaliers d’urgence » stipule que, « en l’absence d’un premier répondant ou d’un technicien ambulancier, toute personne peut administrer de l’adrénaline lors d’une réaction allergique sévère de type anaphylactique à l’aide d’un dispositif auto-injecteur ».