Yvon Rousseau

Journaliste et syndicaliste: Yvon Rousseau s’éteint à 82 ans

En 1982, La Tribune a vécu le plus long conflit de travail de son histoire, alors que les employés ont été en lock-out pendant six mois. À la tête du syndicat, on retrouvait Yvon Rousseau. « Ç’a été le fait saillant de sa carrière. Les plus vieux se rappelleront que pendant ce lock-out, les syndiqués avaient publié leur propre journal, qui s’appelait Le Tribun, et son succès avait été tel que ç’a favorisé un règlement historique », raconte aujourd’hui Alain Goupil, président du syndicat des employés de La Tribune.

M. Rousseau est décédé le 21 janvier dernier à l’âge de 82 ans. Il a commencé à travailler à La Tribune en 1960, et a couvert les nouvelles municipales et scolaires comme journaliste. Il a aussi été président du syndicat – ou plutôt « maître de chapelle », comme on disait à l’époque – de 1974 à 1987. Il a pris sa retraite en 1992.

« Les conditions de travail obtenues à la suite du lock-out sont sans précédent dans l’histoire du syndicalisme de La Tribune », précise M. Goupil. « On parle d’augmentations de salaire qui permettaient de se comparer favorablement avec les autres journalistes du Québec. Ç’a aussi mis la table pour que La Tribune puisse faire ensuite des investissements importants en technologies, et lors de la signature de la convention collective suivante en 1990, tous les employés à temps plein ont obtenu une sécurité jusqu’à leur retraite », ajoute-t-il.

M. Rousseau travaillait en tandem avec son collègue Marcel Rancourt, qui est décédé en 2016.
Le journaliste et pupitreur Bernard Custeau se souvient bien de son ex-collègue. « C’était déjà le doyen des journalistes dans les années 80. Il avait toujours le mot pour rire. On le taquinait en disant qu’il avait couvert le débarquement de Jacques-Cartier à Gaspé, en 1534! » dit-il.

« C’était un personnage haut en couleur, il avait un sens de l’humour qui lui était propre, et de belles convictions. C’était un monument à La Tribune! » résume Alain Goupil.

La famille d’Yvon Rousseau recevra les condoléances à la Coopérative funéraire de l’Estrie dimanche de 13 h 30 à 16 h 30. Une cérémonie d’adieu suivra à la chapelle du complexe.

Alain Goupil