Sherbrooke possède déjà les infrastructures sportives et culturelles pour la présentation des Jeux de la francophonie. C’est sans compter l’expérience récente dans la présentation d’événements majeurs comme les Jeux du Canada (notre photo) et les championnats canadiens de canoë-kayak.

Jeux de la francophonie : serré mais possible, croit Lynn Blouin

Techniquement, l’organisation des Jeux de la francophonie en tout juste deux ans est réalisable. « La question, ce n’est pas là qu’elle doit se poser selon moi. » C’est là l’avis de Lynn Blouin, qui agissait comme directrice générale adjointe aux communications et aux ressources humaines pour les Jeux du Canada et qui, par le fait même, possède l’expérience pour l’organisation d’un événement d’envergure.

« Nous avons déjà les plateaux sportifs et culturels. Les bénévoles sont formés. Nous avons des expériences récentes pour l’organisation d’événements, non seulement les Jeux du Canada, mais aussi les championnats canadiens de canoë-kayak. » Ce sont donc les questions financières et politiques qui sont prioritaires.

Mme Blouin estime qu’en tenant compte du travail effectué deux ans avant les Jeux du Canada, alors qu’il fallait un degré plus important de préparation pour les plateaux sportifs, il est possible d’organiser un événement d’envergure en deux ans. « C’est serré. Dans quelques mois, il sera trop tard. »

Si le maire Steve Lussier avait affirmé mercredi que Sherbrooke n’était pas intéressée par l’organisation des jeux, des conseillers municipaux se sont levés jeudi pour demander que le dossier soit présenté au conseil municipal. M. Lussier a ensuite affirmé que le sujet serait abordé à huis clos lundi en atelier de travail et qu’il avait toujours prévu d’en discuter en marge du conseil municipal. En après-midi, vendredi, le sujet n’avait pourtant toujours pas été inscrit à l’ordre du jour acheminé aux élus, selon plusieurs sources consultées par La Tribune.

Au cabinet de la mairie, on confirme néanmoins que le sujet apparaît à l’ordre du jour et qu’il sera abordé.

Un atout politique

Selon des sources proches du dossier, il est tout à fait normal que l’Organisation mondiale de la francophonie se tourne vers l’autre candidature crédible qu’elle avait reçue pour sauver les Jeux de la francophonie. Sherbrooke se trouverait alors dans le siège du conducteur et pourrait probablement exiger des aménagements ou des concessions pour faciliter son travail. Il semble par ailleurs que la dernière ville hôte des Jeux de la francophonie, Abidjan en Côte d’Ivoire, était parvenue à organiser son événement en moins de deux ans.

À Destination Sherbrooke, on rapporte n’avoir eu aucune discussion officielle au sujet des Jeux de la francophonie avec la mairie. « Nous avons été un acteur actif de la mise en candidature de Sherbrooke. Notre position, du point de vue touristique, ne change pas. Les jeux sont encore pour nous une source de retombées importantes pour le développement de nos infrastructures et pour rendre Sherbrooke compétitive notamment sur le marché du tourisme sportif », rapporte Amélie Boissonneau, coordonnatrice aux communications.

Si certains intervenants se font discrets en marge de ce dossier politique, on raconte en coulisse que la tenue des Jeux de la francophonie en 2021 pourrait justement être un atout politique. La francophonie a été malmenée en Ontario dans les derniers mois. Les élections municipales pourraient se tenir à l’automne 2021 ou au printemps 2022, alors que les élections provinciales sont prévues en 2022.

Enfin, dans un communiqué, l’Organisation internationale de la francophonie rapporte que des discussions s’amorceront à Paris les 14 et 15 février pour discuter de la suite des choses. « Bien que l’OIF regrette [la] décision [du Nouveau-Brunswick], elle est confiante dans le fait que la tenue de cet événement valorisant la vitalité et la créativité de l’ensemble de la jeunesse francophone aura bel et bien lieu en 2021. Les conséquences de cette décision ainsi que les différentes options possibles seront examinées par les États et gouvernements membres du Conseil d’orientation du Comité international de Jeux de la Francophonie (CIJF) qui se réunira à Paris les 14 et 15 février 2019. »