Jean Perrault

Jean Perrault récipiendaire de l'Ordre du Canada

Du temps qu'il était à la mairie, les gens le surnommaient Monsieur Sherbrooke, mais c'est aussi parce que son dévouement civique a eu des répercussions bien au-delà des frontières de la ville que Jean Perrault reçoit aujourd'hui l'Ordre du Canada, une distinction qui reconnaît les réalisations exceptionnelles d'un individu et son engagement remarquable envers la communauté.
Comme conseiller municipal et maire de la Ville de Sherbrooke, M. Perrault a travaillé au développement économique, touristique, culturel et sportif de sa communauté, y laissant d'importants legs. Comme président de l'Union des municipalités du Québec et par la suite de la Fédération canadienne des municipalités, il a su promouvoir avec efficience l'amélioration des infrastructures publiques et éducatives à travers le pays avec distinction. C'est pour ces raisons que la candidature de M. Perrault a été retenue.
« C'est un honneur que je reçois bien humblement », note celui qui avait aussi reçu l'Ordre national du Québec en 2011.
Les francophones doivent à M. Perrault l'instauration du bilinguisme à la Fédération canadienne des municipalités, une organisation plus que centenaire.
« Tous les documents, procès verbaux, communiqués de presse et autres, étaient unilingues anglais. Je trouvais aberrant qu'on soit membre d'une fédération canadienne dans un pays bilingue et qu'on n'ait pas accès à une documentation en français », souligne celui qui se souvient très bien du moment « euphorique » où la résolution de bilinguisme a été approuvée.
À titre de président de la Fédération canadienne des municipalités, M. Perrault a aussi négocié avec le gouvernement Harper un budget important pour améliorer les infrastructures des villes canadiennes. « Les pressions politiques pour favoriser les villes avaient fonctionné. On avait signé une entente de 11 milliards alors qu'avant, le budget à cet égard était presque inexistant », explique l'ancien éducateur physique ajoutant qu'une portion de ces fonds a servi à construire le nouveau centre sportif de l'Université Bishop's.
À titre de maire, les dossiers qui ont marqué ses quatre mandats sont la fusion municipale, la création de la Cité des rivières et l'obtention des Jeux du Canada.
« Mon père était un homme très engagé dans la communauté et même si j'avais 17 ans lorsqu'il est mort, c'est en moi. »
« C'est aussi dans la nature d'un éducateur physique de vouloir aider les gens à s'améliorer, à développer leurs habiletés et rendre les choses plus intéressantes », résume celui qui, comme athlète, est le seul Canadien à avoir fait partie de l'équipe nationale de ski alpin et de ski nautique dans les années 1960.
Le récipiendaire de l'Ordre du Canada se rappelle les années où il était à la direction du Centre de l'activité physique du Cégep de Sherbrooke. À l'époque, les installations du CAP étaient accessibles uniquement aux élèves, aux anciens et au personnel et les portes se barraient à 17 h. Ouvrir les lieux à la population a été une de ses initiatives. « D'ailleurs au départ, quand je me suis présenté en politique, mon objectif premier était d'aider le sport à être mieux reconnu par la ville avec de l'équipement accessible à l'élite sportive comme à Monsieur et Madame tout le monde », raconte celui qui croit que l'engagement personnel est la meilleure solution collective.