L’hôtel Delta et son centre des congrès est un des projets dont Jean-Claude Tardif était très fier, relate son petit-fils Jean-Simon Tardif, lui-même technicien senior en architecture.

Jean-claude tardif, architecte : « Le travail, c’était son plaisir »

En 60 ans de carrière et près d’une centaine de projets, l’architecte Jean-Claude Tardif n’est jamais arrivé au bout de sa passion des beaux bâtiments et des chantiers bien menés.

La restauration de l’hôtel de ville, l’hôtel Delta, le stade d’athlétisme de l’Université de Sherbrooke, les complexes Le Baron, de la Santé et Cité du Parc, le Palais des sports, le nouveau poste de police, ne sont que quelques-uns des projets qui ont jalonné son parcours professionnel.

« Il y en a tellement! Mais c’est probablement les plus importants », expose un de ses petits-fils, Jean-Simon Tardif, qui a eu le plaisir de travailler avec lui depuis 2007.

Jean-Claude Tardif est décédé le mois dernier à l’âge de 87 ans, un peu moins de deux ans après avoir pris sa retraite même s’il se rendait au bureau tous les jours encore l’année dernière, jusqu’à ce que ses ennuis de santé l’en empêchent en fait.

Jean-Claude Tardif

Devant l’ampleur de son œuvre, le conseiller municipal Marc Denault a aussitôt suggéré que son nom soit déposé dans la banque du comité de toponymie de la Ville de Sherbrooke.

M. Denault ne vise pas un lieu, une rue ou un bâtiment en particulier, simplement de « considérer rendre hommage à ce grand Sherbrookois dont les réalisations sont remarquables ».

« C’est un pilier. On le voyait souvent dans nos activités. Il supportait beaucoup la collectivité », a-t-il fait valoir à la dernière séance du conseil municipal.

« Ce serait extraordinaire, a réagi la fille de Jean-Claude Tardif, Johanne. Il aurait été très fier de ça. Malgré qu’il n’aimait pas les honneurs, il en serait très fier. »

Son petit-fils et d’autres anciens collègues imaginent très bien le nom de Jean-Claude Tardif au côté d’autres noms d’architectes dans les rues d’un ensemble résidentiel, ou mieux encore une plaque commémorative sur l’hôtel Delta ou la Place des congrès.

« Le Delta et la Place des congrès, c’est un des projets majeurs qu’il a réalisés, témoigne Jean-Simon. C’était un projet d’envergure — sinon le plus gros — dans la ville de Sherbrooke à l’époque. Tout le complexe hôtelier avec son centre des congrès et ses commerces qui montent jusqu’à la rue King, c’était quelque chose. »

L’architecte dont le nom a été associé à cinq cabinets avant qu’il fonde Espace Vital avec Louis et Paul Faucher ainsi que François Coutu en 2003, était également très fier, dit Jean-Simon, de la restauration de l’ancien palais de justice pour accueillir l’hôtel de ville de Sherbrooke en 1989, de même que, plus récemment, le stade d’athlétisme qui allait accueillir les Championnats mondiaux jeunesse d’athlétisme en 2003.

Réalisations nombreuses

La liste de ses réalisations s’étend néanmoins sur trois pages, chantiers autant privés que municipaux ou gouvernementaux, pour atteindre près d’une centaine de bâtiments; certains conçus par lui et un bon nombre érigés sous son étroite supervision de chargé de projet, de A à Z. 

L’Association de la construction du Québec-région Estrie lui a d’ailleurs décerné, en 2013, sa médaille de reconnaissance Omer-Bonin pour souligner son importante contribution au développement de l’industrie de la construction.

« Quand on descend de Rock Forest et qu’on porte attention, c’est remarquable, raconte sa fille Johanne. Il y a beaucoup de lieux qu’il a contribué à bâtir sur la rue King. »

« C’était un grand travailleur, renchérit Jean-Simon. L’architecture, c’était sa passion dans la vie. Il entrait au travail tous les jours, du lundi au dimanche, toujours aussi motivé et avec autant de plaisir. Il rentrait même travailler durant les vacances de la construction quand le cabinet était fermé. Ce n’était pas un joueur de golf. Pour lui, le travail, c’était son plaisir. » 

Reconnu comme un architecte sérieux et exigeant, en même temps qu’un patron présent et à l’écoute de ses employés, il a d’ailleurs inspiré Jean-Simon dans son choix de carrière.

« Quand j’étais plus jeune, on allait parfois à son bureau où je voyais les maquettes 3D et les dessins sur les plans. Chaque fois ça m’impressionnait. (...)Je ne suis pas architecte, mais je suis resté dans le domaine », lance le technicien senior en architecture.

Et il a pris grand plaisir à côtoyer son grand-père dans un contexte professionnel. « Au début j’ai trouvé ça un peu difficile parce que je voyais une autre facette de mon grand-père que je ne connaissais pas, avoue-t-il. C’était travail, travail, travail. C’était une autre ambiance. Il a été exigeant, mais ç’a été profitable pour moi et j’ai tellement appris avec lui. Je lui en suis très reconnaissant. J’ai toujours voulu donner mon 100 % pour refléter ce qu’il était. Pour lui, la qualité du travail, la satisfaction des clients et le meilleur service, c’était important. Son travail était irréprochable et je voulais être à sa hauteur. »