Antonin-Xavier Fournier : « Jean Charest est d’abord et avant tout une personnalité politique canadienne, ce n’est pas une personnalité politique québécoise. Il l’est devenu par la force des choses. Il a été chef du parti progressiste conservateur et il a été une quinzaine d’années à Ottawa. Il connaît bien le Canada d’est en ouest. Il serait le chef fédéral qui a fait le plus de campagnes électorales. »

Jean Charest devant une fenêtre « très intéressante »

Le moment serait très bien choisi pour Jean Charest de se porter candidat à la succession d’Andrew Scheer, à la tête du Parti conservateur du Canada, selon Antonin-Xavier Fournier, professeur de sciences politiques au Cégep de Sherbrooke.

« Il y a une fenêtre d’opportunité très rapide, souligne-t-il. Le gouvernement libéral de Justin Trudeau ne fera certainement pas quatre ans. »

Antonin-Xavier Fournier estime aussi que Jean Charest a toutes les qualifications pour se retrouver à la tête d’un parti fédéral.

« C’est un parfait bilingue, explique-t-il. Il représente l’aile gauche du parti conservateur et est donc beaucoup plus susceptible d’avoir des appuis au Québec et pourrait peut-être recréer cette grande alliance entre les nationalistes québécois et l’ouest du Canada. »

« Je ne dis pas que je suis en accord avec Jean Charest, mais il est une bête politique, poursuit M. Fournier. Je me rappelle encore la très bonne campagne qu’il a menée en 2012 contre Pauline Marois. Il arrivait avec des scandales et la commission Charbonneau et néanmoins il avait passé tout près de former un gouvernement minoritaire. »

M. Fournier pense aussi que Jean Charest est une personnalité bien connue d’une côte à l’autre.

« Jean Charest est d’abord et avant tout une personnalité politique canadienne, ce n’est pas une personnalité politique québécoise. Il l’est devenu par la force des choses, analyse-t-il. Il a été chef du parti progressiste conservateur et il a été une quinzaine d’années à Ottawa. Il connaît bien le Canada d’est en ouest. Il serait le chef fédéral qui a fait le plus de campagnes électorales. »

Dans l’entourage de Jean Charest, on ne cache pas qu’on chercherait à récréer la grande coalition pancanadienne que Brian Mulroney avait réussi à créer en 1984, en remportant la plus importante majorité de l’histoire politique canadienne.

« Jean Charest n’est pas quelqu’un de conservateur au niveau moral, c’est un conservateur social et économique, rappelle M. Fournier. Ce n’est pas quelqu’un qui est à gauche non plus, mais il a des valeurs environnementales très fortes. Il pourrait former une grande coalition. »

M. Charest, alors âgé de 28 ans, faisait partie de la vague conservatrice qui a déferlé sur le Canada à l’époque. Il a été ministre de la Jeunesse, puis ministre de l’Environnement.

Quand le Parti conservateur, alors dirigé par Kim Campbell, est défait, en 1993, il devient chef du parti, avec deux députés, avant de plonger dans la politique québécoise pour devenir chef du Parti libéral du Québec (PLQ) en 1998, puis premier ministre du Québec en 2003, et réélu en 2007 et 2008. Il a été défait en 2012, puis est retourné à la pratique du droit international. Avec la presse canadienne