Jean Béliveau: «Il (Sébastien Jacques) veut remercier l'humanité, c'est quelque chose. Souvent, on reçoit des services, on se tourne de bord et on ne réalise pas que ça a changé notre vie. C'est important, la reconnaissance. Apprendre à prendre, c'est un don. »

Jean Béliveau : Sébastien Jacques «va être un héros »

Si Sébastien Jacques doit parcourir la distance qui sépare la Virginie de la Californie en solitaire, il ne devrait pas pour autant se sentir seul, estime Jean Béliveau.
« Surtout pas aux États-Unis! s'exclame-t-il en riant. Pour avoir passé à travers 64 pays et avoir vu la culture des Américains, c'est un des pays qui m'ont soutenu le plus. Et avec son histoire et son message, il ne s'ennuiera pas. Il va être un héros. »
« Quand j'avais traversé la ligne des États-Unis à l'époque, c'était drôle, parce que de l'autre côté, les Américains étaient fantastiques, se remémore Jean Béliveau. Ils voulaient me loger, m'acheter quelque chose à l'épicerie, m'aider. Ils adorent ce type de marche là, les Forrest Gump, les héros, et c'est ce qu'il va être, un héros. »
Un gars de coeur
Le périple entrepris par Sébastien Jacques samedi a touché une corde sensible chez celui qui a parcouru quelque 75 563 km en 11 ans, de 2000 à 2011, dans le cadre de la Décennie internationale de la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde.
« Ce qui m'est venu tout de suite à l'esprit, c'est qu'il est quelqu'un qui le fait pour exprimer sa reconnaissance envers tous les gens qui l'ont supporté dans ses épreuves. Ce n'est pas facile une telle marche; il va vivre de durs moments comme des moments hyper exaltants, mais il est prêt, il est bien préparé. »
« Il faut y penser. Il faut regarder le coeur de ce gars-là, qui veut faire ça en reconnaissance des gens qui lui ont redonné la vie, poursuit le Danvillois. Il veut remercier l'humanité, c'est quelque chose. Souvent, on reçoit des services, on se tourne de bord et on ne réalise pas que ça a changé notre vie. C'est important, la reconnaissance. Apprendre à prendre, c'est un don. On ne peut pas tout garder pour soi, et c'est sa manière de redonner. Et j'espère beaucoup qu'il nous partagera tout ça dans un livre ensuite! »
«Une machine extraordinaire»
Le célèbre bourlingueur ne s'en fait pas outre mesure à propos de l'effort physique que requiert une promenade quoditienne 40 km - l'équivalent d'un marathon par jour - sur ses deux jambes.
« La machine humaine, c'est une machine extraordinaire; elle s'habitue rapidement à son environnement et il va apprendre à marcher. Le plus dur, c'est de repartir après s'être arrêté, comme lorsque j'arrêtais pour trois ou quatre jours pour faire la promotion de ma cause. »
Loin de vouloir prodiguer des conseils à Sébastien Jacques comme un vétéran le ferait envers une recrue, Jean Béliveau préfère lui léguer des paroles qu'il a reçues du regretté Nelson Mandela lors de son passage en Afrique du Sud.
« Il m'a dit des paroles très simples : '' Le monde a besoin de beaucoup plus de gens comme toi ''. J'aimerais simplement transférer ces paroles-là à Sébastien. On a besoin de beaucoup plus de gens comme lui. »
« Il le fait pour quelque chose de plus grand que lui. Il ne s'imagine sûrement pas comment grand ça va être et c'est la beauté de la chose. Ça va l'élever, lui et sa propre conscience sur lui-même, son environnement et sur le monde. »