Éloïse, 7 ans, derrière le kiosque de sa petite entreprise les Délices d'Éloïse.

« Je vends de la limonade, tu veux m'en acheter une? »

« Je vends de la limonade, tu veux m'en acheter une? »
Cette petite voix, c'est celle d'Éloïse, sept ans, l'une des 25 enfants venus présenter samedi leur propre entreprise devant le bureau d'arrondissement de Rock Forest-Saint-Élie-Deauville (RFSED), dans le cadre de la Grande Journée des petits entrepreneurs.
Si cet événement visant à éveiller les enfants de 5 à 12 ans à l'entrepreneuriat en était à sa deuxième édition provinciale, c'était la toute première fois que les petits entrepreneurs sherbrookois étaient invités à se réunir tous au même endroit pour vendre ce qu'ils avaient concocté au cours des dernières semaines, souvent avec l'aide de papa et maman.
« Ça devient des entreprises familiales, parce que les parents mettent la main à la pâte bien sûr! » mentionne Annie Godbout, conseillère municipale du district de Rock Forest et instigatrice de ce rassemblement.
« L'objectif, c'est de semer la graine entrepreneuriale chez les enfants. Ce genre d'activité sert à stimuler la créativité, l'autonomie, la débrouillardise, le sens des affaires.
Souvent, en bout de piste, les enfants réalisent qu'ils sont capables de faire quelque chose de plus grand qu'eux-mêmes, alors ça leur donne beaucoup de confiance en eux. »
Derrière son kiosque bâti par sa mère, dont les rideaux s'agencent parfaitement à sa robe rouge à pois blancs, la petite Éloïse prend un plaisir fou à inciter les passants à goûter à sa limonade maison et à ses sablés au beurre. Sa présentation mignonne comme tout et son sourire charmeur ne laissent d'autres choix que d'abdiquer.
Pourquoi avait-elle envie de prendre part à l'événement? « Parce que c'est le fun, on rencontre des nouveaux amis et on fait de l'argent », répond candidement la fondatrice des Délices d'Éloïse.
« J'ai eu beaucoup de clients aujourd'hui, mais j'ai dépensé pas mal de mon argent : j'ai dépensé un billet mauve! » lance-t-elle en désignant les breloques faites d'élastiques qu'elle s'est procurées au kiosque d'à côté.
Une estime de soi rehaussée
Enseignante de première année à l'école Alfred-DesRochers, Diane Manseau met sur pied des projets d'entrepreneuriat dans ses classes depuis dix ans. Cette année, elle a invité quelques-unes de ses anciennes élèves, maintenant en cinquième année, à participer à la Grande Journée des petits entrepreneurs, s'intéressant du même coup à ce que le contact avec l'entrepreneuriat en bas âge leur avait apporté.
« Ce que j'ai vu, c'est des filles qui ont une belle estime d'eux-mêmes, qui sont devenues des leaders et qui s'entraident beaucoup », affirme-t-elle.
Parmi ces femmes d'affaires en herbe, Camille Nadeau, 9 ans, a cuisiné des gâteries pour chien, alors que sa soeur Laurence, d'un an son aînée, vend diverses sucreries. Avec leur mère, Isabelle Grenier, elles ont même créé leur propre logo et une page Facebook pour mousser leur entreprise.
« Je trouve ça le fun qu'elles puissent toucher à l'entrepreneuriat maintenant, parce qu'elles vont peut-être se découvrir une passion, souligne Mme Grenier. Je pense que c'est vraiment important de les encourager là-dedans, et c'est pour ça que je m'implique avec elles aujourd'hui. »