L'artiste Pat Webster aménage ses jardins, nommés Glen Villa, depuis une vingtaine d'années.

Jardins Glen Villa: l'histoire d'une terre [PHOTOS]

Sainte-Catherine-de-Hatley — Pat Webster tente d’honorer chaque parcelle du passé de la terre qui accueille aujourd’hui ses précieux jardins Glen Villa. Si, samedi, elle a pu faire visiter aux curieux un domaine aussi riche en nature, en œuvres et en souvenirs, c’est qu’elle aussi porte sa propre histoire avec les lieux.

« Lorsque je suis venue ici pour la première fois, c’était étonnant à quel point je me sentais à la maison », partage Mme Webster. L’artiste a pourtant grandi dans en milieu urbain, en Virginie. « Mais je passais mes étés à la ferme de mes grands-parents, dans les montagnes Blue Ridge, ajoute-t-elle. Ça ressemble étrangement à ici, avec les collines à perte de vue et la nature omniprésente. » 

C’est en visitant la famille de son actuel mari, Norman Webster, qu’elle a pour la première fois mis les pieds au domaine, dans les années 60. 

Après la Deuxième Guerre mondiale, le père de M. Webster avait fait l’acquisition d’une partie du terrain pour y construire sa ferme et y élever ses enfants. « Dans ce temps-là, les terrains étaient extrêmement abordables, et quand une terre adjacente venait à être mise sur le marché, il l’achetait tout simplement. Après un certain temps, il avait amassé une immense propriété », explique Mme Webster à propos du terrain, qui avait notamment été occupé par des hôtels et des camps de vacances. 

Les trois enfants Webster ont par la suite hérité conjointement du grand domaine, avant de s’en accorder chacun un tiers. 

Depuis l’automne dernier, le couple y habite de manière permanente, après avoir alterné entre Montréal et leur demeure de North Hatley durant les 20 dernières années, notamment en raison de la carrière journalistique de M. Webster, qui a été rédacteur en chef des journaux The Gazette et The Globe and Mail.

Une installation dans la Prairie asiatique.

« Donner une chance à la nature de guérir » 

Samedi, Pat Webster offrait au public de découvrir non seulement sa manière d’habiter ce vaste terrain de 300 acres, mais aussi son amour pour la conservation de zones naturelles. Les frais d’entrée de 25 $ par visiteur ont été remis à la Fondation Massawippi, pour laquelle elle s’implique comme membre du conseil d’administration, et ce, depuis sa création en 2011. Protégeant près de 1200 acres (NDLR : appartenant à la fiducie Conservation Massawippi) bordant le plan d’eau et ayant déjà aménagé 8 km de sentiers, la fondation doit encore recueillir 365 000 $ pour répondre à ses besoins de 2019, qui totalisaient 1,3 M$.

« On commençait à voir de plus en plus de maisons se construire aux abords du lac et on avait envie de faire quelque chose pour conserver un peu de vert autour du Massawippi. On fait tellement de tort au monde qui nous entoure. Je veux donner une chance à la nature de guérir. D’être, tout simplement », dit Mme Webster, qui a passé la journée à discuter de ce qui la passionne avec les visiteurs qui s’arrêtaient sur sa terrasse. 

Donner une chance à la nature, c’est ce qu’elle a fait avec dévouement dans ses jardins, qui étaient autrefois bien plus dénudés. Aujourd’hui de nombreux arbres s’élèvent au-dessus des multiples installations et végétaux que l’artiste y a aménagés. 

Certaines, comme La Marche des Abénakis, célèbrent les premiers occupants du territoire, tandis qu’une autre, se présentant sous la forme d’une grande colonne translucide abritant une pile de papiers journaux, honore les 50 ans de carrière de son mari (La Colonne de Webster). 

« Je crois que la valeur de mes œuvres, pour moi, est souvent reliée à la connexion que j’ai avec le sujet », note Mme Webster en évoquant l’espace qu’elle a baptisé Orin’s Sugarcamp et qui rend hommage à un ancien travailleur agricole voisin. Étonnée de trouver des vestiges de sa cabane à sucre dans une portion boisée du domaine, Mme Webster en a fait une reconstruction très poétique, où elle a suspendu des feuilles d’érable géantes en étain.

Pour faire un don à la Fondation Massawippi : https://massawippi.org/donate/

Une portion de l'espace intitulé Orin's Sugarcamp.
La Colonne de Webster.
Les anneaux de l'arbre.
Le Serpent d'herbe.