Linda Pagé, présidente de l'Association des directeurs et directrices d'établissements.

Inversion salariale: victoire des directeurs d'école

Sans tambour ni trompette, une entente est intervenue entre Québec et la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE). L'entente vient régler en grande partie le problème d'inversion salariale, une problématique longtemps décriée par les directions d'école. Cet enjeu faisait en sorte que des employés obtenaient un meilleur salaire que leur supérieur.
Les membres de la FQDEE ont longtemps décrié cette problématique.
« Pour les jeunes directions qui arrivent ou les directions adjointes, avec cette entente-là, on crée un écart satisfaisant », commente Linda Pagé, présidente de l'Association des directeurs et directrices d'établissement d'enseignement de l'Estrie (ADEE), en ajoutant que « ce n'est pas encore parfait ». L'ADDEE est membre de la FQDE et compte quelque 125 membres dans la région.
« Anciennement, un enseignant pouvait gagner plus cher qu'une personne qui débutait à la direction ou à la direction adjointe », explique Mme Pagé, qui est aussi directrice de l'école primaire Marie-Reine, dans l'est de Sherbrooke.
Ce phénomène touchait particulièrement les directeurs adjoints et les jeunes directeurs, soit ceux que l'on qualifie de « classes inférieures », en référence aux échelles de traitement.
L'effectif salaire est considéré dans la rémunération des directions d'école.
L'entente a déjà été entérinée par le Conseil du trésor et prévoyait les premiers versements en juin dernier.
Des dispositions de l'entente touchent également des cadres scolaires et des directions de la fonction publique.
Rattrapage
Cette entente prévoit notamment un montant forfaitaire de 1 % pour la période d'avril 2015 à mars 2016 et une majoration de 1,5 % des échelles de traitement pour la période du 1er avril 2016 au 31 mars 2017, pour laquelle le versement était rétroactif. Elle prévoit aussi des correctifs apportés à des échelles de traitement.
En outre, elle comprend, cet automne, une augmentation de 1,5 % pour 2017-2018, afin de régler des problématiques sectorielles, de même qu'une majoration de 2 % des échelles de traitement pour la période d'avril 2018 à mars 2019 le versement est prévu en avril 2018.
Des discussions sont toujours en cours pour des montants concernant 2019 et 2020. « Il y a encore des travaux en cours. Tout n'est pas terminé. » Ceux-ci sont aussi en lien avec l'écart salarial.
Des moyens de pression avaient été entrepris par les membres de la FQDE afin de protester contre la lenteur des négociations. Ainsi, près de 90 enquêtes et études avaient été boycottées depuis 2014 par les directeurs d'école de la province rattachés à la FQDE. La situation est donc revenue à la normale depuis qu'une entente a été conclue entre les deux parties.
L'ajustement de la rémunération va certainement aider au recrutement et à la rétention des directeurs d'école, croit Linda Pagé, qui souligne qu'il ne s'agit pas d'un emploi qui est très convoité.
Selon les données en ligne du Conseil du trésor, un directeur adjoint d'école primaire gagnera entre 43 451 $ et 136 034 $ (au maximum de l'échelle) annuellement à compter d'avril 2018.