Partager une boîte de chocolat, c’est surtout une occasion de se rapprocher les uns des autres près de la boîte. Et si les gens se trouvent dans une pièce fermée et qu’ils enlèvent leurs masques pour manger, les risques de se contaminer deviennent très élevés.
Partager une boîte de chocolat, c’est surtout une occasion de se rapprocher les uns des autres près de la boîte. Et si les gens se trouvent dans une pièce fermée et qu’ils enlèvent leurs masques pour manger, les risques de se contaminer deviennent très élevés.

Interdit de partager des beignes, du chocolat ou de la pizza

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Sherbrooke — C’est une tradition dans plusieurs milieux de travail dans le temps des Fêtes : à la pause ou après le dîner, les collègues partagent une boîte de beignes ou de chocolat ou de bons muffins maison. Certains d’entre eux commandent aussi des pizzas à partager pour le dîner. Cette année, ces pratiques seront à éviter totalement afin de limiter les risques de propagation de la COVID-19.

Le risque théorique d’attraper le coronavirus en touchant au même bol ou à la même boîte que ses collègues est plutôt faible.

Mais ce sont tous les comportements humains entourant le partage de la nourriture qui font augmenter de façon importante le risque de transmission de ce virus invisible.

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« Avoir une boîte de chocolat ou une boîte de beignes à se partager, c’est surtout une occasion de se rapprocher les uns des autres près du bol ou de la boîte. En plus, on enlève le masque pour pouvoir manger. C’est comme ça qu’on augmente nos risques de transmission du virus », explique le Dr Alex Carignan, infectiologue et microbiologiste au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« On se retrouve plusieurs adultes ensemble, dans un petit local, sans masque et en train de manger : ça crée la tempête parfaite pour la propagation du virus », indique le Dr Carignan.

Pour illustrer le danger d’être plusieurs personnes dans un espace restreint, le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie, donne le truc de se rappeler de l’expression « PIB ».

« Les plus grandes zones de danger sont dans ce que j’appelle les PIB : les endroits où on est proches (P), à l’intérieur (I) et où il y a beaucoup de monde (B) », soutient-il.

Plusieurs éclosions liées au partage de nourriture

À l’approche de la période des Fêtes, il faudra donc redoubler de prudence lors des échanges de cadeaux ou quand viendra l’envie de cuisiner des muffins ou du sucre à la crème pour ces collègues avec qui l’on partage notre quotidien.

Ce sera vrai dans tous les milieux de travail sans exception, et encre plus vrai dans les hôpitaux et CHSLD où la pratique est bien ancrée dans les coutumes.

« À l’hôpital, le partage de nourriture est une tradition. Par exemple, les équipes de fin de semaine apportent des beignes ou d’autres douceurs pour se soutenir. C’est une pratique que nous souhaitons maintenant décourager pour des raisons de sécurité », explique le Dr Alex Carignan.


« Pour des raisons évidentes, nous ne voulons pas qu’il y ait de partage de bonbons ou d’autres friandises. »
Vincent Masse

Et avec raison, puisque les enquêtes de la Santé publique ont démontré que certaines veilles d’éclosions et des éclosions dans des milieux de soins « ont été attribuées au partage d’aliments sur les unités », soutient le Dr Vincent Masse qui est microbiologiste-infectiologue et officier en chef de prévention et contrôle des infections au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Pour des raisons évidentes, nous ne voulons pas qu’il y ait de partage de bonbons ou d’autres friandises. Ça peut inclure des boîtes de beignes, le partage de pizzas, ou tout autre type d’aliment à partager dans nos unités de soins. C’est une question de sécurité », insiste le Dr Masse.

Partout au Québec, le nombre de cas positifs augmente. En Estrie aussi d’ailleurs, qui vient de connaître sa pire semaine en termes de nombre de nouveaux cas confirmés de COVID-19.

« En ce moment, il n’y a aucun milieu qui peut se considérer exempt de risques », indique Alex Carignan.

Plus tôt cette semaine, la direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS a aussi souligné que « les dons de denrées ne sont pas acceptés actuellement comme cadeaux pour les employés ».

« Vous désirez encourager et remercier nos équipes pour leur dévouement en venant déposer un panier de muffins à l’entrée d’une installation? Sachez que l’intention est honorable surtout en cette période de l’année. Toutefois, les risques de transmission du virus de la COVID-19 sont trop importants lors du partage de nourriture », a-t-on indiqué du côté du service des communications du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.