La question entourant les droits ancestraux des nations autochtones a une nouvelle fois été abordée lors des audiences du BAPE qui se sont poursuivies mercredi à Thetford Mines
La question entourant les droits ancestraux des nations autochtones a une nouvelle fois été abordée lors des audiences du BAPE qui se sont poursuivies mercredi à Thetford Mines

Interconnexion Appalaches-Maine : les Hurons répliquent aux Abénaquis

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Piquée au vif par les propos du chef abénaquis, la nation huronne-wendat a répliqué mercredi en demandant au BAPE d’être consultée sur le projet d’interconnexion des Appalaches-Maine, afin de faire respecter ses droits ancestraux sur le territoire visé par le projet d’exportation hydroélectrique.

Représentée par Me Simon Picard, la nation huronne-wendat a profité des audiences sur l’environnement qui se déroulent à Thetford Mines pour réclamer d’être entendue, malgré l’opposition ferme et sans équivoque manifestée la veille par le chef abénaquis Richard O’Bomsawin.

Mardi, lors de son passage, le chef O’Bomsawin avait déclaré que le territoire sur lequel doit passer la future ligne hydroélectrique « appartient à 100 % aux Abénaquis » et qu’aucune autre nation ne devait être consultée en marge de ce projet.

Plus encore, le chef O’Bomsawin a menacé de « bloquer le projet » si le processus de consultation acceptait d’entendre les revendications de la nation huronne-wendat, avait-il précisé.

Or, selon Me Picard, la nation huronne-wendat a le droit d’être entendue sur ce projet, quoiqu’en pensent les Abénaquis. « Le territoire du projet est un territoire qui était occupé par la nation huronne-wendat, tant historiquement que de façon contemporaine », a soumis Me Picard aux commissaires Michel Germain et Scott McKay.

 Richard O’Bomsawin

« Ce qu’il faut comprendre en matière autochtone, c’est qu’à l’époque, les territoires n’étaient pas délimités ou arpentés. Oui, il y avait des territoires qui pouvaient être occupés de façon exclusive par certains groupes. Mais il y avait aussi des territoires qui se chevauchaient, soit de façon égale ou prédominante. Or, le message que notre nation veut envoyer, c’est qu’on est ouvert au dialogue. On tend la main aux Abénaquis pour qu’ils viennent nous parler. Selon nous, le dialogue peut être une solution », a proposé Me Picard.

Le projet d’interconnexion des Appalaches-Maine consiste à relier le poste des Appalaches, situé dans la municipalité de Saint-Adrien-d’Irlande au Québec, à une ligne de transport projetée aux États-Unis et aboutissant à un poste situé à Lewiston, dans le Maine. La mise en service de la ligne est prévue pour l’automne de 2022.

Du côté du Québec, une ligne de 103 km serait construite entre le poste des Appalaches et le point de raccordement au réseau du Maine à la frontière canado-américaine, dans la municipalité de Frontenac. Des travaux sont également prévus dans le poste des Appalaches. Prévu en majeure partie sur des terres privées, le tracé proposé par Hydro-Québec se jumèle à un couloir de lignes existantes sur 72 % de son parcours. Une nouvelle emprise serait requise à trois endroits, soit à Thetford Mines, à Saint-Joseph-de-Coleraine ainsi que sur le territoire des municipalités de Nantes, de Sainte-Cécile-de-Whitton et de Frontenac.

Au début du résumé de son étude d’impact sur l’environnement, Hydro-Québec indique que les principaux impacts associés à la construction et à la présence de la ligne sont l’acquisition de quelques propriétés ainsi que de servitudes de passage, le déboisement et la perte d’habitats fauniques, l’impact sur des érablières exploitées et une altération du paysage. Hydro-Québec prévoit mettre en place des mesures pour atténuer et compenser les impacts du projet.