Le projet d’interconnexion des Appalaches-Maine d’Hydro-Québec fait l’objet d’audiences du BAPE
Le projet d’interconnexion des Appalaches-Maine d’Hydro-Québec fait l’objet d’audiences du BAPE

Interconnexion Appalaches-Maine : les Abénaquis menacent de bloquer le projet

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Le Grand Conseil de la nation Waban-Aki menace de faire avorter le projet d’interconnexion des Appalaches-Maine si le gouvernement fédéral permet à la nation huronne-wendat d’avoir son mot à dire dans la réalisation du projet hydroélectrique d’Hydro-Québec.

C’est ce qu’a déclaré le chef du conseil de bande d’Odanak, Richard O’Bomsawin, mardi soir, à l’occasion des audiences du BAPE qui se poursuivent du côté de Thetford Mines.

Parlant au nom du Grand Conseil de la Nation Waban-Akin, qui regroupe les bandes abénakises d’Odanak et de Wôlinak, M. Obomsawin a été catégorique : le territoire visé par le projet hydroélectrique appartient d’abord et avant tout aux Abénaquis.

« Ce qui nous préoccupe, c’est que le gouvernement fédéral semble vouloir accorder un droit de regard aux autres nations, et en particulier aux Hurons-Wendat. Nous voulons que le message soit bien clair : si une autre nation revendique des droits sur ce territoire qui nous appartient à 100 %, y compris le Maine, nous allons bloquer le projet. Nous allons tout faire pour le bloquer », a prévenu le chef O’Bomsawin.

Ce à quoi le président de la Commission, Michel Germain, a indiqué que le BAPE n’avait pas le mandat de prendre position sur les revendications territoriales, mais que les préoccupations exprimées par la nation abénaquise allait faire partie de son rapport.

Le reste de l’audience a largement porté sur le tracé initial proposé par Hydro-Québec et ses impacts, notamment sur les résidents des quartiers Provence et Hamel, situés dans le secteur Black Lake.

Le directeur de la santé publique de Chaudière-Appalaches, René Veillette, a souligné le fait que certains pylônes devront être installés sur des sites contenant des résidus d’amiante.

Il recommande que des mesures soient prises afin d’éviter que les travailleurs appelés à installer les pylônes ainsi que les résidents du secteur soient exposés à la poussière d’amiante, notamment en établissant un périmètre de sécurité tout autour du chantier.

« Le risque lié à l’amiante serait éliminer si on choisissait le tracé alternatif », a indiqué le directeur de la santé publique régionale.

Le tracé alternatif permettrait en effet de contourner le secteur résidentiel de Black Lake en passant par le lac Caribou pour rejoindre le tracé initial à la hauteur du lac Noir.

Un tracé auquel s’oppose le maire de Saint-Joseph-de-Coleraine, Gaston Nadeau, justement en raison de son impact dans les secteurs du lac Caribou et du Petit lac Saint-François.

Le projet d’interconnexion des Appalaches-Maine est l’un des plus importants projets d’exportation de l’histoire d’Hydro-Québec. Il prévoit la construction d’une ligne à courant continu de 320 kilovolts sur une distance de 103 kilomètres pour acheminer jusqu’à 1200 MW d’hydroélectricité au Massachusetts, en passant par le Maine. La ligne partirait du poste des Appalaches, situé à Saint-Adrien-d’Irlande près de Thetford Mines, pour rejoindre un point d’interconnexion situé à l’est de la ZEC Louise-Gosford dans la municipalité de Frontenac, près de Lac-Mégantic.

La première portion de 79 kilomètres du tracé, jusqu’à la municipalité de Nantes, longe des lignes existantes et s’en éloigne sur environ 5 kilomètres à la hauteur de Thetford Mines.

La deuxième portion de 24 kilomètres pour rejoindre la frontière canado-américaine nécessite l’aménagement d’une nouvelle emprise sur les territoires de Nantes, Sainte-Cécile-de-Whitton et Frontenac, mais évite le territoire de Lac-Mégantic.

Les audiences se poursuivent mercredi, notamment avec le dépôt du mémoire de la Ville de Thetford Mines qui s’oppose au tracé initial.