Le nombre de dossiers d’insolvabilité de consommateurs à l’échelle nationale a connu une baisse de 43,2 pour cent au cours du second trimestre de 2020, des données révélées jeudi par le Bureau du surintendant des faillites (BSF).
Le nombre de dossiers d’insolvabilité de consommateurs à l’échelle nationale a connu une baisse de 43,2 pour cent au cours du second trimestre de 2020, des données révélées jeudi par le Bureau du surintendant des faillites (BSF).

Insolvabilité de consommateur : contexte particulier, situation temporaire

Andréanne Beaudry
Andréanne Beaudry
La Tribune
Le nombre de dossiers d’insolvabilité de consommateurs à l’échelle nationale a connu une baisse de 43,2 pour cent au cours du second trimestre de 2020, des données révélées jeudi par le Bureau du surintendant des faillites (BSF).

Par rapport au dernier trimestre de l’année, il s’agit d’une diminution de 43,2 % du nombre de dossiers à l’échelle nationale. Toutefois, elle est de 45,4 % si le BSF se réfère à la période correspondante (avril-juin) en 2019. En Estrie, c’est une baisse de 59,7 % selon le tableau du BSF de la variation par région économique.

Pour Pierre Fortin, président et syndic autorisé en insolvabilité (SAI) chez Jean Fortin & Associés, cette baisse dans le nombre de dossiers d’insolvabilité est temporaire.

« Les statistiques sur l’insolvabilité ne reflètent pas encore les grandes difficultés financières avec lesquelles sont aux prises de nombreux ménages canadiens en raison de la COVID-19 », souligne le président du Conseil de l’Association canadienne des professionnels de l’insolvabilité et de la réorganisation (ACPIR), Mark Rosen.

Au début de la pandémie, la dette des ménages canadiens avait atteint un niveau record. 

La perte d’un revenu est considérée comme la principale cause de l’insolvabilité selon l’ACPIR. Mark Rosen ajoute que la COVID-19 créera probablement davantage de difficultés financières pour les ménages.

Les gens ne se rendent pas à la faillite par plaisir, mais parce qu’ils n’ont pas le choix, indique Pierre Fortin. 

« Pour ceux qui étaient au pied du mur, bien le mur a reculé de beaucoup parce que les créanciers n’exigent plus de paiements », mentionne Pierre Fortin en ajoutant que les « retards » donnent beaucoup de liquidité, mais en même temps c’est un peu fictif.

Il ne cache pas qu’il a peur que la plupart se bâtissent une montagne de dettes encore plus difficile à affronter lorsqu’il sera le temps de payer.

« Il y a souvent un délai considérable entre le moment où les gens commencent à reconnaître leurs graves problèmes d’endettement et celui où ils prennent des mesures pour y remédier », précise le président du Conseil de l’ACPIR.

Plusieurs débiteurs se démènent inutilement puisqu’ils n’osent pas demander de l’aide avant de connaître une longue période de problèmes financiers. Habituellement, au cours de cette période, les consommateurs peuvent subir le harcèlement des créanciers, recevoir des appels menaçants d’agences de recouvrement et se faire saisir leur salaire.

Prévenir les répercussions

« Ceux qui n’ont pas fait de faillites ne sont pas plus en meilleure santé financière, c’est seulement parce que personne ne les poussait dans le dos qu’elles n’ont pas eu à le faire », affirme Pierre Fortin à propos de la situation actuelle, mais temporaire.

Les Canadiens embourbés dans un cycle d’endettement s’en tirent généralement mieux s’ils demandent rapidement des conseils estime l’un des membres du Conseil de l’ACPIR et syndic autorisé en insolvabilité (SAI), André Bolduc.

« Si vous recevez des appels de créanciers ou craignez que l’on saisisse votre salaire, c’est un signe que vous avez besoin sans tarder de l’avis d’un spécialiste «, souligne-t-il.

Selon l’ACPIR, les SAI connaissent parfaitement la législation sur la faillite et l’insolvabilité et sont les seuls professionnels titulaires d’une licence au Canada qui peuvent faciliter les procédures de faillite et de propositions de consommateur.

« Les personnes en graves difficultés financières craignent de tout perdre si elles déposent un dossier d’insolvabilité. Dans les faits, en se tournant vers un professionnel pour obtenir son avis, elles pourraient être en mesure de conserver d’importants actifs, par exemple leur habitation ou leur véhicule «, explique André Bolduc.