Damien Allard a récolté trois navets hors du commun cette année. Son navet géant de 15,5 kilos est le plus près de lui, avec en avant-plan, un navet d’épicerie.

Un navet à 2,2 kilos du record Guinness

SAINT-OMER — Jusqu’à mercredi, Damien Allard, jardinier à ses heures vivant à Saint-Omer en Gaspésie, croyait bien que l’un de ses navets battrait le record Guinness du plus gros navet au monde, record enregistré en… Alaska, avec 17,7 kilos, ou 39 livres.

Il a manqué le record par 2,2 kilos, son navet «ne pesant que» 15,5 kilos, ou 34 livres. C’est la forme de son navet qui a déjoué ses prédictions.

«J’aurais pu le garder en terre et il aurait pris quelques livres de plus, mais j’étais tellement sûr de mon affaire. Le problème, c’est qu’il était “plate”. J’étais certain à 99 % de battre le record. J’avais la face longue quand je l’ai mis sur la balance. Je pensais avoir 30 % de marge», explique M. Allard.

Ingénieur forestier maintenant à la retraite, il avait ainsi établi une règle de calcul tenant compte du volume potentiel de son navet, en basant cette formule sur le poids et la forme d’un navet de 20 livres récolté en août.

«Je suis arrivé cinq livres en dessous, à cause de la forme plate», signale M. Allard, qui avait semé les navets dans sa maison, en mars, une démarche porteuse d’un but lui trottant dans la tête depuis 2016.

«Il y a trois ans, par hasard, j’avais récolté un navet de 15,5 livres. Il y a deux ans et l’an passé, j’étais à l’extérieur pendant une partie de l’année et je n’avais pas fait de jardin. Cette année, je me suis dit que j’étais capable de faire mieux», ajoute-t-il.

Le secret? «Ça prend beaucoup d’eau», aborde M. Allard qui a aussi régulièrement utilisé «de l’engrais soluble sur les feuilles». Pour la terre, il a mis du borax trois fois, notamment peu de temps après la mise en terre. «C’est un truc pour rendre le navet moins fibreux».

Il dit avoir été chanceux, n’ayant fait aucune recherche préalable à la mise en terre en mai. «Ça aurait pu brûler au soleil, mais dans le cas du navet, ce n’est pas le cas». Le fait que le record du plus gros navet ait été réalisé en Alaska l’a encouragé, à partir du moment où il a réalisé qu’il était sur les rangs pour le battre. «Je n’aurais pas eu d’espoir si le record avait été établi au Mexique».

Il s’est absenté sept jours pour aller chasser l’orignal, un facteur qui a peut-être limité la croissance de son navet dans le dernier droit, mais «il y aura de la chasse l’an prochain aussi», prévient-il à propos d’un passe-temps sacré chez bien des Gaspésiens.

Damien Allard reviendra donc à la charge en 2020. «Je leur donnerai beaucoup de lumière dans la maison, et je les installerai en serre tout le mois de mai. Ça croît plus vite en serre», précise-t-il, heureux de bénéficier des conseils d’un ami agronome, Gérard Landry, qui a assisté à la pesée.

Le navet géant «goûte pareil à un navet d’épicerie», dit M. Allard. Le spécimen de 34 livres sera donné lundi à la Source alimentaire Bonavignon, la banque alimentaire desservant une bonne partie de la Baie-des-Chaleurs. Il a gardé un spécimen d’une dizaine de kilos, et il a divisé un troisième navet géant entre son agronome et la Source alimentaire.

D’ici peu, Damien Allard recevra le protocole pour faire homologuer un éventuel navet record en 2020. «Guinness demande 12 semaines d’attente à ceux qui le commandent et c’est passé à 15 semaines parce que beaucoup de monde le demande. Je pense que c’est une question de marketing. Avoir payé 500 euros, je l’aurais eu en cinq jours», conclut-il.