Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador Dwight Ball à St. John's, en septembre 2017

Le premier ministre de Terre-Neuve invite Trump à la pièce «Come from Away»

SAINT-JEAN, T.-N.-L. - Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador a invité Donald Trump au théâtre, pour assister avec lui à la comédie musicale «Come from Away», afin de «discuter des vertus de relations harmonieuses».

La comédie musicale canadienne, qui a beaucoup de succès sur Broadway, relate comment les résidants de la petite localité de Gander, à Terre-Neuve, ont accueilli plus de 7000 passagers aériens déroutés sur cet aéroport international tout de suite après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

Dans une lettre au président américain, datée de mardi et relayée mercredi sur Twitter, Dwight Ball évoque les relations historiques nouées entre la province et les États-Unis, aussi bien en matière commerciale que militaire, depuis le 19e siècle.

«J’aimerais lui rafraîchir la mémoire, et rappeler à son administration à quel point ces liens d’amitié et d’affaires sont importants», a expliqué M. Ball dans une interview mercredi. «On ne parle pas ici de transaction d’affaires: il s’agit de vieilles relations avec notre plus important partenaire commercial dans le monde.»

Dans son gazouillis, le premier ministre précise que l’invitation au théâtre est «à la convenance» du président américain, dans la ville et à la date de son choix; il note aussi que les billets, «espérons-le, ne seront pas frappés de tarifs douaniers».

En entrevue à La Presse canadienne, M. Ball a indiqué qu’il n’acceptait pas que la Maison-Blanche considère le Canada comme un risque à la sécurité nationale des États-Unis, en imposant des tarifs douaniers sur l’aluminium et l’acier. Selon lui, la comédie musicale «Come from Away» constitue un symbole de la longue amitié qui lie le Canada et les États-Unis - au-delà du commerce, par ailleurs.

Après le sommet du G7 au Québec, samedi dernier, M. Trump a qualifié le premier ministre canadien, Justin Trudeau, de «faible et malhonnête» pour avoir réitéré, en conférence de presse de clôture, ses critiques face aux tarifs américains sur l’acier et l’aluminium. M. Trump avait alors déjà quitté La Malbaie, et dans l’avion, il a enjoint à ses collaborateurs de rejeter le communiqué final du G7 qu’il avait auparavant approuvé.