Un participant à une compétition de breakdance à Paris, samedi.

Le breakdance, espoir olympique français

BOULOGNE-BILLANCOURT - Des danseurs se contorsionnent avec une incroyable agilité aux rythmes puissants de la musique: le breakdance fait vibrer des milliers de personnes dans une salle parisienne qui s’enthousiasme devant le «futur sport olympique».

«Kiffez-bien !», lance dans un grand sourire le danseur et chorégraphe français Stéphane Sabotinov, vêtu tout de noir et blanc, casquette sur la tête, avant d’entrer dans la Seine Musicale, une grande salle de spectacle inaugurée en avril 2017 par un concert de Bob Dylan à Boulogne-Billancourt, à l’ouest de Paris.

Le danseur est trop fier de son art qui rejoindra la famille des sports au programme des Jeux olympiques à Paris en 2024, à condition que la proposition des organisateurs français soit validée par le Comité international olympique.

«Le breakdance, c’est impressionnant. Y-a le côté battle, on va au conflit, mais dans le respect. Ça checke à la fin même si on va à la guerre», explique Sabotinov. Il espère que l’intégration de cette discipline au programme des JO, si elle se confirme, effacera «les mauvais clichés».

«On vient de la rue alors on est associé à la violence. Et comme on a une casquette, forcément, on est un délinquant. Mais c’est tout le contraire. On met toute notre agressivité dans la danse».

À la Seine Musicale, l’ambiance est plutôt familiale. De nombreux parents accompagnent leurs enfants, de tous âges, pas seulement des ados. Et le port du survêtement n’est pas le code vestimentaire de la soirée.

Deborah Lombo est venue avec sa fille de 9 ans, Cassie.

«C’est la toute première fois qu’on vient voir du breakdance. Il y a un côté convivial, c’est pas comme la danse classique. Je pense que je vais en avoir plein les yeux. Les garçons regardent le foot à la maison et nous, on s’est fait une sortie entre filles !» dit cette chargée de clientèle dans une banque, âgée de 29 ans.

Plus gros niveau du Hip Hop

Passionnées de danse, elles sont aussi venues pour la musique.

«Le DJ est très important, c’est lui qui donne le tempo et le rythme par rapport aux danseurs. À 80%, les DJ sont tous d’anciens danseurs», relève Zoubir, créateur de ce rendez-vous de breakdance il y a 19 ans.

La musique est à fond et fait trembler les gradins. Précaution d’usage pour ce père de famille: il a posé des bouchons dans les oreilles de ses deux petites filles avant que ne commence le show.

Le public est assis quand sur d’autres compétitions il est en cercle autour des danseurs. L’ambiance est bon enfant. Seuls quelques sifflets fusent pour contester une ou deux décisions du jury.

Le Battle Pro, une compétition de danse hip-hop, était consacré samedi dernier à l’épreuve par équipes. Que des hommes sur la scène. Les filles n’ont pas réussi à se qualifier.

Invité de marque, Brahim Zaibat savoure. Vedette du breakdance, le chorégraphe français est venu encourager les copains et partager de bons moments, «tranquille».

«Ici, il y a le plus gros niveau du Hip Hop», souligne Brahim Zaibat, qui a participé trois fois au Battle Pro et qui manie l’art du breakdance depuis 25 ans.

«J’ai découvert le breakdance dans mon quartier à Lyon. Il y avait le foot et la danse et j’ai fini par choisir la danse !» confie le Français qui a dansé avec Madonna et qui salue timidement l’entrée attendue du breakdance dans la famille olympique.

«C’est bien pour les danseurs, c’est une évolution. Mais il faut voir comment ça va se passer, comment ça va être jugé. On attend de voir», relève-t-il.