L'anacardier, ici en fleurs, est l'arbre qui produit la noix de cajou.

L’armée devra acheter la production de noix de cajou en Tanzanie

NAIROBI - Le président tanzanien John Magufuli a ordonné à l’armée d’acheter toute la production nationale de noix de cajou de la saison en cours, après que les négociants privés eurent refusé de rémunérer les agriculteurs au prix fixé par le gouvernement.

Le président Magufuli a ordonné à l’armée d’acheter la production à un prix de 3.300 shillings tanzaniens (1,91 $CAN) le kilo, bien supérieur à celui qu’étaient prêts à payer les négociants, accusés d’offrir un prix insuffisamment rémunérateur aux producteurs, selon un communiqué publié lundi.

En octobre, il avait décrété un doublement du prix, alors fixé à 1.500 shillings le kilo et qui, selon les agriculteurs, ne couvrait même pas les coûts de production.

Mais les négociants ont refusé de s’ajuster sur ce prix, ce qui a motivé la décision du chef de l’État, lequel a dénoncé «les tergiversations des opérateurs privés qui, par ailleurs, offrent des prix très bas».

La noix de cajou est une des principales cultures d’exportation de la Tanzanie.

M. Magufuli a demandé à la Banque tanzanienne de développement de l’Agriculture (Tanzania Agricultural Development Bank) de «débloquer les fonds nécessaires pour l’achat de ces noix de cajou et à l’armée de déployer ses éléments pour acheter toute cette production», ajoute le communiqué.

Samedi, M. Magufuli avait renvoyé le ministre de l’Agriculture, Charles Tizeba, et celui du Commerce, Charles Mwijage, accusés d’avoir «manqué à leurs obligations» dans la gestion de cette filière.

Le chef de l’État tanzanien a également décidé que l’exploitation de l’usine de transformation des noix de cajou, où elles sont décortiquées, propriété de l’État tanzanien, serait confiée à l’armée.

Le gouvernement tanzanien table sur une production nationale de 210.000 à 220.000 tonnes pour l’année 2018.

«Nous allons acheter toute la production, nous chercherons ensuite des acheteurs et nous consommerons ce qui ne pourra pas être vendu», a assuré M. Magufuli dans le communiqué.

Sa décision a été critiquée par des hommes d’affaires et l’opposition, qui l’accusent d’aller à l’encontre de la politique officielle du gouvernement de libéralisation du commerce.

Depuis son élection en octobre 2015, M. Magufuli est souvent entré en conflit avec des entreprises du secteur privé, qu’il accuse régulièrement de léser les Tanzaniens.