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En temps de pandémie, la Suisse coupe le chocolat

Nathalie OLOF-ORS
Agence France-Presse
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ZURICH - Le chocolat suisse n’a pas échappé au choc de la pandémie: la consommation d’un des produits phares de ce pays alpin a fondu l’an passé à son plus bas niveau depuis près de 40 ans.

Les Helvètes, premiers consommateurs de chocolat au monde, ont eu semble-t-il l’appétit coupé par le virus en 2020: ils ont mangé 9,9 kilogrammes par personne (contre 10,4 kilogrammes l’année précédente), passant ainsi sous la barre symbolique des 10 kg, la quantité la plus basse depuis 1982, selon la fédération des producteurs de chocolat, Chocosuisse.

Même tendance pour la production de chocolat, qui a chuté de 10% par rapport à l’année précédente, à 180.000 tonnes.

Et les exportations, qui contribuent à près 70% du chiffre d’affaires des chocolatiers suisses, ont reculé de 11,5% à 126.000 tonnes.

L’ampleur du recul de la consommation s’explique en partie par le faible nombre de touristes qui a pesé sur les statistiques annuelles, a nuancé Urs Furrer, le patron de Chocosuisse, lors d’un entretien avec l’AFP.

Pour évaluer la consommation par personne d’un pays à l’autre, les volumes vendus dans chaque pays sont divisés par le nombre d’habitants, ce qui tend à gonfler les chiffres en Suisse où tablettes et pralines font partie des souvenirs que les touristes ramènent dans leurs valises.

«On ne pourrait pas compter exactement la consommation des habitants (sans touristes) parce qu’au point de vente, le vendeur ne sait pas si une personne qui achète le chocolat habite dans le pays ou si cette personne est un ou une touriste», a-t-il précisé.

Moins de pralines offertes

Le calcul donne cependant un ordre de grandeur. Et comme ailleurs, la consommation en Suisse a aussi décliné avec la crise sanitaire, avec les changements dans les habitudes de consommation, entre le télétravail et les restrictions sanitaires.

«La consommation a aussi diminué dans les lieux où il y a beaucoup de passages, comme les gares ou les centres-ville», a noté M. Furrer, réduisant les achats dits d’impulsion pour les barres de chocolat souvent achetées sur un coup de tête.

Avec la distanciation sociale, les occasions de se réunir ont également été moins fréquentes et «les ventes de pralines en cadeau ont aussi diminué limitant les achats de pralines», a-t-il ajouté.

Par contre, la vente de produits dits semi-finis, «c’est-à-dire la masse chocolat utilisée chez les boulangers-pâtissiers et confiseurs a augmenté sur le marché Suisse», a relevé M. Furrer, les amateurs de chocolat étant plus nombreux à craquer pour une douceur à consommer à la maison.

Mardi, Lindt & Sprüngli, un des chocolatiers les plus connus du pays alpin, a publié ses résultats annuels, faisant lui aussi état d’une baisse de 10,9% de son chiffre d’affaires en 2020, à 4,02 milliards de francs suisses (5,54 milliards de dollars canadiens).

Hors effets de changes, le repli de ses ventes s’est toutefois limité à 6,1%, a-t-il précisé.

Alors que le chocolat fait partie des produits dit de réconfort, très prisés durant le confinement, les ventes de tablettes de sa marque Excellence ont affiché une croissance à deux chiffres.

Mais le groupe suisse a aussi subi le contrecoup de l’effondrement du tourisme qui s’est répercuté sur les boutiques hors taxes dans les aéroports, de la fermeture de ses cafés et magasins, de la baisse des services pour la restauration ainsi que d’une moindre demande à Pâques et à Noël.