Inondations printanières: pas d’alarme…pour l’instant

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
L’arrivée du temps plus doux est porteuse d’espoir après un long hiver, mais elle annonce aussi l’approche des crues printanières. Si le manteau neigeux en Estrie n’est pas exceptionnellement important au moment d’écrire ces lignes, une tempête de neige tardive pourrait changer la donne.

« On ne sonne pas l’alarme, mais ça peut changer », résume Robert Leconte, spécialiste en hydrologie à l’Université de Sherbrooke.

La quantité de neige présente sur le bassin versant est habituellement un bon indicateur de l’importance que pourront avoir les crues printanières.

« Si on compare à pareille date avec ce qu’on avait l’année passée, on en a un petit peu moins, explique Robert Leconte. On a eu beaucoup de neige dans les dernières semaines, mais avec le redoux il y en a quand même une partie qui a fondu. »

Le professeur met toutefois en garde que ça ne veut pas nécessairement dire que le niveau de la rivière Saint-François sera moins élevé que l’année dernière. Au printemps 2019, la rivière Saint-François avait atteint son apogée à 21,7 pieds. Une centaine de Sherbrookois avait alors reçu un avis d’évacuation. Les citoyens ont également encore en mémoire la monstrueuse tempête du 1er novembre 2019 où la rivière est montée jusqu’à 24,7 pieds.

« On peut se retrouver au mois de mars avec des tempêtes de neige importantes, rappelle le Pr Leconte. On n’est pas à l’abri d’une crue qui peut être potentiellement importante. On est capable de prévoir raisonnablement les températures environ sept jours d’avance, mais pour ce qui est des précipitations, les modèles ne sont pas très bons au-delà de cinq jours. On peut donc difficilement faire une prévision de ce qui s’en vient pour les mois de mars et avril. »

Plusieurs facteurs doivent être pris en compte lorsqu’on tente de prévoir les crues. La rapidité de la fonte du manteau neigeux en fait partie. Une augmentation très importante de la température qui cause une fonte en accélérée jumelée à de la précipitation liquide peut aussi provoquer des inondations. L’état du sol pourrait aussi être problématique.

« On a eu de grands froids très tôt au mois de novembre, souligne Robert Leconte. Habituellement, quand on a des froids très tôt dans l’hiver, le sol devient dur comme du béton et l’eau ne passe plus. Et ça peut rester comme cela tard dans la saison. On a donc des conditions cette année où l’infiltration dans le sol pourrait être plus faible, ce qui augmente les risques d’augmentation rapide du débit des rivières. »