La tragédie a été évitée de peu au Domaine Parc Estrie, à Magog. Si six maisons modulaires ont été incendiées et quatre sont officiellement des pertes totales, toutes les personnes résidant sur ce terrain de camping ont pu s’en sortir indemnes.
La tragédie a été évitée de peu au Domaine Parc Estrie, à Magog. Si six maisons modulaires ont été incendiées et quatre sont officiellement des pertes totales, toutes les personnes résidant sur ce terrain de camping ont pu s’en sortir indemnes.

Incendie à Magog : « [J’ai perdu] les souvenirs d’une vie »

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Jean-Nil Jean a tout perdu dans l’incendie qui a touché six maisons modulaires au Domaine Parc Estrie. « Je n’ai pas eu le temps de rien sauver », s’attriste l’homme qui habitait ce lieu depuis huit ans.

« Ce sont les souvenirs d’une vie. J’avais des souvenirs de jeunesse dans ma maison. Il reste quelques petites choses dans la remise, mais sinon, tout est fini », dit celui qui a loué une roulotte de l’autre côté de la rue le temps que les choses se placent. Ses assurances viendront constater les dégâts lundi. Des vêtements lui ont été prêtés en attendant qu’il puisse s’en procurer d’autres.

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M. Jean est sorti de sa maison lorsqu’il a entendu une explosion. Sa voisine, alors dehors, lui a conseillé de sortir. « Elle m’a dit que le feu était pris chez le voisin, j’ai tenté, avec un autre monsieur, d’arroser. Il y a eu une autre explosion, donc on est partis de là. Dix minutes plus tard, le feu était pris dans ma maison », explique-t-il, rappelant que le vent a aidé à la propagation.

Jean-Nil Jean ne réalise pas encore tout ce qui s’est passé. « La nuit passée, ç’a été dur », confie cependant celui qui a pu sauver ses véhicules. 

Chantal Fluet soupait lorsqu’elle a entendu les explosions qui provenaient de derrière chez elle. Sa maison a été relativement touchée, mais elle ne sait pas si elle sera déclarée perte totale. Pour l’instant, elle ne peut pas y mettre les pieds.

« Mon cabanon a brûlé. On entendait des explosions partout. J’ai sorti mon chien et j’ai sorti ma voiture. Actuellement, j’habite chez ma sœur, mais elle n’a qu’une chambre. Je peux rester là un jour ou deux, mais pas indéfiniment » témoigne-t-elle.

La tragédie a été évitée de peu au Domaine Parc Estrie, à Magog. Si six maisons modulaires ont été incendiées et quatre sont officiellement des pertes totales, toutes les personnes résidant sur ce terrain de camping ont pu s’en sortir indemnes.

Pas de mort

La tragédie a été évitée de peu au Domaine Parc Estrie, à Magog. Si six maisons modulaires ont été incendiées et quatre sont officiellement des pertes totales, toutes les personnes résidant sur ce terrain de camping ont pu s’en sortir indemnes.

« Ç’a pris cinq minutes et presque tout était par terre. S’il avait venté comme mercredi, je pense que toute la rue aurait flambé. C’est un choc. Ça fait dur. Surtout avec la catastrophe qu’on vit actuellement... ça n’est pas trop encourageant pour l’année 2020. Heureusement, personne n’a été blessé », raconte Pierre Knukle, un voisin qui n’avait pas encore d’électricité dimanche après-midi.

Le résident chez qui s’est déclaré le premier incendie a dû sortir par sa fenêtre. « Il ne pouvait pas sortir par devant, le feu était pris », explique M. Knukle.

La tragédie a été évitée de peu au Domaine Parc Estrie, à Magog. Si six maisons modulaires ont été incendiées et quatre sont officiellement des pertes totales, toutes les personnes résidant sur ce terrain de camping ont pu s’en sortir indemnes.

Solidarité... à distance 

La présidente de l’Association des résidants du Domaine Parc Estrie, Diane Beauchesne, explique qu’il est plus difficile de témoigner de sa solidarité en pleine pandémie. « C’est une grosse catastrophe, considère-t-elle. On se connait tous, on est comme une grosse famille. On fait beaucoup d’activités, hiver comme été. C’est un gros choc pour tout le monde, mais on se serre les coudes. » 

« On voulait se réconforter en se prenant dans nos bras. Des personnes pleuraient, mais on ne pouvait pas. Parfois, on oubliait la COVID-19, on se parlait trop proche. On ne pouvait pas prêter de linge ni les accueillir pour manger. Heureusement, la plupart [des sinistrés] avaient des familles », indique la présidente, rappelant que le camping compte 89 maisons modulaires habitées à l’année. 

« On va faire une petite collecte de fonds pour que ces gens, qui n’ont plus rien, puissent s’acheter l’essentiel, résume-t-elle. Des gens n’ont plus leurs papiers, n’ont plus rien. »

Rappelons que l’incendie s’est déclaré peu avant 17 h 30 dans le secteur Omerville. En tout cinq alertes ont été déclenchées. Plus d’une cinquantaine de pompiers provenant de Sherbrooke, Saint-Denis-de-Brompton, du Canton d’Orford et de Magog se sont dépêchés sur place.