Marc Parent, maire de Rimouski, Chantal Deschamps, mairesse de Repentigny, Josée Néron, mairesse de Saguenay, et Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau, ont tenu un panel de discussion en avant-midi, dans le cadre de la Journée de mobilisation sur l’immigration et les relations interculturelles de l’UMQ, qui se déroulait à l’Hôtel Delta de Sherbrooke.

Immigration et les relations interculturelles : jour de mobilisation à l’UMQ

Certains nouveaux arrivants n’ont jamais vu un flocon de neige de leur vie, d’autres peinent à comprendre leurs voisins ou leur employeur. Les enjeux d’intégration des immigrants sont multiples, et ils sont d’autant plus nouveaux pour les municipalités de la province, qui voient les néo-québécois s’éloigner de plus en plus des grands centres. Mais encore faut-il leur donner les outils pour rester, note Alexandre Cusson, président de l’Union de municipalités du Québec (UMQ).

« Ce n’est un secret pour personne que le plus dur, c’est l’enracinement », a prononcé M. Cusson devant 150 élus, gestionnaires et experts dans le cadre de la première Journée de mobilisation sur l’immigration et les relations interculturelles de l’UMQ, qui se tenait vendredi à l’Hôtel Detla de Sherbrooke. 

Entre 2006 et 2015, l’Estrie a récolté 1,8 % de l’immigration au Québec, soit 6485 Québécois d’adoption. « Ce n’est pas beaucoup alors que la région représente plus du double de population à l’échelle du Québec », déplore M. Cusson. 

« Les gens n’immigrent pas dans un pays, dans une province. Ils se retrouvent dans la vraie vie dans une ville, sur le terrain. Et le terrain c’est le municipal », insiste celui qui croit que des efforts doivent être faits par les municipalités pour faciliter toutes les sphères de leur quotidien, comme la recherche de logement, la francisation, la connaissance des installations municipales et la vie au travail. « On vit une pénurie de main-d’œuvre importante au Québec, c’est un des éléments importants. » 

L’acceptabilité sociale selon Louis T

Donnant le coup d’envoi à la journée, l’humoriste et vérificateur de mythes Louis T et venu présenter sa vision de l’immigration au Québec, un sujet qu’il aborde dans ses capsules vidéo Vérités et conséquences et dans son spectacle. 

« Les gens s’y connaissent très peu sur l’immigration, confie-t-il à La Tribune. Le pourcentage de musulmans au Québec est par exemple beaucoup moindre que ce que les gens pensent, soit de 3 %, alors que les sondages démontrent que les gens croient qu’il y en a trois à quatre fois plus. J’ai aussi fait un effort de mentionner qu’il faut favoriser l’acceptabilité sociale. Il y a un ressac en ce moment, les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas et il faut respecter cette peur-là. Mais ça, c’est mon propre cheminement à moi. Je suis en train de me dire qu’on ne peut pas juste dire aux gens que c’est bon l’immigration, il faut écouter leurs craintes et trouver une communication dans tout ça. »  

L’animatrice, journaliste et documentariste Karima Brikh et la chroniqueuse Manal Drissi ont notamment part à cette journée de discussions, de même que le maire de Sherbrooke Steve Lussier et la conseillère municipale Annie Godbout, présidente du Comité des relations interculturelles et de la diversité de Sherbrooke. 

L’UMQ a aussi profité de l’événement pour rappeler l’importance de convenir rapidement d’un cadre de référence pour les ententes entre les municipalités et le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), alors que ce dernier procède à une révision de ses différents programmes. 

« Il est essentiel que le partenariat avec les municipalités soit basé sur une vision commune, cohérente et à long terme des actions à mettre en place concernant la régionalisation de l’immigration, dit M. Cusson. Il apparaît aussi nécessaire de bonifier les sommes dont peuvent bénéficier les municipalités dans le programme Mobilisation-Diversité, ce qui leur permettrait de consolider les actions en cours, mais aussi d’en développer de nouvelles. »