Le directeur de la nouvelle division régionale du MIFI pour l’Estrie, la Mauricie et le Centre-du-Québec Nicolas Martin, la conseillère municipale et présidente du Comité des relations interculturelles et de la diversité à la Ville de Sherbrooke Annie Godbout et le maire de Sherbrooke Steve Lussier ont dévoilé lundi un nouveau guide d’accueil pour les immigrants adapté à Sherbrooke.

Immigration : Sherbrooke en mode accueil

Comptant près de 15 000 personnes issues de l’immigration sur son territoire et aspirant à faire grimper ce nombre, la Ville de Sherbrooke ajoute une corde à l’arc des différents organismes et intervenants qui sont au premier rang de leur intégration. Son nouveau guide d’accueil, spécifiquement adapté à la réalité des néo-Sherbrookois, devrait répondre rapidement et uniformément aux interrogations de ceux qui tentent d’apprivoiser la ville.

Où aller pour se faire soigner? Quelles lois et valeurs régissent le quotidien des Québécois? À quoi sert le conseil municipal? Comment se préparer pour l’hiver? Le document de 100 pages, conçu en collaboration avec plusieurs organismes sherbrookois ainsi que le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), intègre les questions récurrentes tout en faisant état de certaines différences culturelles.

« Ce sont la majorité des informations qu’ils apprendront durant leur première année ici. Tout ça est nécessaire pour qu’ils puissent bien s’orienter et que tout se passe bien », explique la conseillère pédagogique à la Francisation au Cégep de Sherbrooke, Paule Dion, qui a pris part à la création de ce guide inspiré de celui de la Ville de Québec.

La directrice du Service d’aide aux Néo-Canadiens (SANC), Mercedes Orellana, croit même que cet outil devrait être lu par tous les citoyens et organisations.

« Je pense que ça peut aussi servir d’outil de sensibilisation. Nous, on est sur la première ligne, c’est du connu pour nous. Mais, par exemple pour une popote roulante, un organisme contre la violence conjugale, une école qui n’a pas de classe d’accueil, une faculté universitaire même, c’est un élément qui permet de comprendre les étapes que ces gens-là doivent traverser pour devenir fonctionnels », note Mme Orellana, qui a vu 933 nouveaux arrivants de 50 pays différents bénéficier des services du SANC dans l’année 2018-2019.

« Nous nous sommes donné comme ambition de faire de Sherbrooke une ville interculturelle, accueillante et inclusive, et ainsi favoriser le bien-être économique, physique et social des néo-Sherbrookois. Pour y arriver, tous les secteurs et toutes les forces vives de la communauté sherbrookoise doivent travailler de concert et de façon articulée. Il nous faut créer des ponts pour lever les obstacles qui mènent à une intégration réussie », partage Annie Godbout, conseillère municipale et présidente du Comité des relations interculturelles et de la diversité à la Ville de Sherbrooke.

Le guide est disponible sur le site web de la Ville au sherbrooke.ca/guideaccueil.

Le ministère revient

Il y a quelques semaines, le MIFI (autrefois ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion) a fait un retour marqué dans la région. Grâce au déploiement d’un réseau de six directions régionales, le ministère compte aider les municipalités à l’extérieur de Montréal à attirer de nouveaux arrivants et à les convaincre de s’y installer pour de bon.

« Pour l’Estrie, j’aurai la chance de tripler les effectifs pour l’accompagnement à la fois des municipalités, des organismes et aussi de la clientèle immigrante elle-même », a annoncé lundi Nicolas Martin, récemment nommé directeur régional de l’Estrie, de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Pour Annie Godbout, c’est le début d’une collaboration vitale. « La régionalisation est un grand défi au Québec. Au rythme où ça va en ce moment, on ne réussira pas à atteindre les objectifs d’immigration. Maintenant, il y a à Sherbrooke des agents d’intégration du MIFI qui accompagnent personnellement les nouveaux arrivants et qui s’assurent de répondre à leurs besoins d’intégration », indique Mme Godbout, en mentionnant qu’environ 50 % des immigrants de Sherbrooke viennent de pays en zone de conflits, ce qui complexifie les parcours migratoires.

Semaine de rencontres

La mise en ligne du guide d’accueil marquait également le lancement de la 6e Semaine sherbrookoise des rencontres interculturelles, qui propose cette année plus d’une cinquantaine d’activités gratuites. Des contes, des ateliers, des expositions et des projections cinématographiques orchestrées autour du thème récurrent « frontières abolies, cultures enrichies » sont notamment offerts durant cette semaine, qui se tiendra du 1er au 10 novembre.

« Il est encore plus nécessaire aujourd’hui de créer des espaces de dialogue et des espaces de rencontre pour apprendre à se connaître et pour pouvoir s’apprécier davantage », note Annie Godbout, qui précise que les activités sont ouvertes aux gens de toutes les communautés.