David Martel et Mercedes Becerra ne pourront plus utiliser leur garage pour louer des kayaks sur la rue de l’Esplanade.
David Martel et Mercedes Becerra ne pourront plus utiliser leur garage pour louer des kayaks sur la rue de l’Esplanade.

Ils ne pourront plus louer de kayaks sur la rue de l’Esplanade

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La Sherb-histoire, cette promenade en kayak mise sur pied par l’Agence de voyages Mercedes, sur le lac des Nations, reviendra en 2021. Elle devra toutefois se trouver un nouvel ancrage pour la location d’embarcations, puisque l’accueil des clients dans un garage de la rue de l’Esplanade ne respecte pas la réglementation municipale. À la suite d’une plainte d’un citoyen, la Ville de Sherbrooke cherche à épauler les créateurs du circuit dans leur démarche pour leur changement d’adresse.

La Sherb-histoire, conçue en collaboration avec le Musée d’histoire de Sherbrooke, proposait cet été un tour du lac des Nations avec une interprétation du passé sherbrookois. L’Agence Mercedes est située sur la rue King Ouest, mais ses propriétaires, Mercedes Becerra et David Martel, possèdent une maison sur la rue de l’Esplanade. Ils jugeaient plus pratique d’y entreposer les kayaks qui servaient à l’expédition. 

Le citoyen Ronald Arnold s’est adressé au conseil municipal, lundi, pour formuler son inquiétude de voir la rue de l’Esplanade devenir commerciale. « À l’époque de Cité des rivières, les citoyens s’étaient battus pour conserver le zonage résidentiel, et non commercial. Un jour, j’ai remarqué qu’une entreprise de location de kayaks emprunte un sentier pour descendre des embarcations à l’eau. Je me demande pourquoi une entreprise a le droit d’exercer ses activités alors que le règlement municipal ne le permet pas. »

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, rapporte qu’une plainte avait été déposée en juin et que les propriétaires de l’entreprise avaient été rencontrés pour leur expliquer qu’ils ne respectaient pas la réglementation municipale. 

« J’ai parlé aux personnes de cette entreprise en leur expliquant qu’on ne peut pas permettre qu’une activité commerciale ne se fasse pas selon la réglementation municipale même si nous pouvons trouver le projet très pertinent. J’ai donc aussi fait des démarches auprès des organismes de développement économique qui pourraient accompagner l’entreprise pour trouver une solution qui respecterait la réglementation. L’entreprise est consciente et informée qu’elle ne peut continuer ses activités sans respecter la réglementation. »

Le maire Steve Lussier ajoute qu’il faut demander à Commerce Sherbrooke de leur donner un coup de main.

Julien Lachance montre pour sa part de la sympathie envers les entrepreneurs. « J’ai de la difficulté à évaluer la nuisance. Je me dis que des gens ont subi des situations exceptionnelles par rapport à la COVID. Des entreprises subissent une période difficile, notamment le secteur du voyage. Je comprends qu’ils doivent respecter la réglementation municipale, mais j’invite la population à être indulgente. » 

Chantal L’Espérance est convaincue qu’il est possible de trouver une solution alors que Danielle Berthold rappelle que si tout un chacun faisait fi des règles, « on se retrouverait avec une ville sens dessus dessous. » 

Marc Denault a qualifié la Sherb-histoire d’intéressante et innovante. « C’est un attrait touristique innovateur qui ne nous a rien coûté, qui a été fait par le privé et qui a eu un rayonnement intéressant du point de vue médiatique. »

Nicole Bergeron n’a pas nié la qualité du projet, mais a martelé l’importance de la conformité au règlement. 

David Martel, directeur de l’Agence de voyages Mercedes, dit avoir été attristé par la plainte à son endroit. Il rapporte avoir reçu des centaines de clients cet été, dont la moitié provenait de l’extérieur de Sherbrooke. « On voulait quelque chose de beau pour Sherbrooke. C’était vraiment un produit d’appel. Nous avons utilisé le garage de notre résidence parce que c’était plus pratique que de transporter les kayaks à partir de la rue King Ouest. »

M. Martel estime que la suite des choses dépendra de la Ville. « Ce n’est pas entre mes mains. J’attends leurs suggestions. Ils étudient toutes les possibilités. S’il y a des frais supplémentaires pour la location d’un local, ça se reflètera sur nos activités. Avec le ralentissement du monde du voyage, les impacts pour nous se comptent par dizaines de milliers de dollars. Notre objectif pour l’avenir n’est pas de partir de la rue King Ouest parce que ça gâche un peu le parcours. On trouvera une meilleure solution. »

David Martel ne peut pas dire, pour l’instant, si le pavillon Armand-Nadeau du parc Jacques-Cartier ou un quai au Marché de la gare pourraient être considérés par son entreprise.