Lors de ses études doctorales et postdoctorales, le professeur de l’Université de Sherbrooke Julien Sylvestre a travaillé aux côtés de Rainer Weiss, Barry Barish et Kip Thorne, les trois astrophysiciens américains qui ont remporté le Prix Nobel de physique 2017.
Lors de ses études doctorales et postdoctorales, le professeur de l’Université de Sherbrooke Julien Sylvestre a travaillé aux côtés de Rainer Weiss, Barry Barish et Kip Thorne, les trois astrophysiciens américains qui ont remporté le Prix Nobel de physique 2017.

Il a travaillé avec les récipiendaires du Nobel de physique

Le prix Nobel de physique 2017 a été attribué, mardi, à trois astrophysiciens américains, soit Rainer Weiss, Barry Barish et Kip Thorne qui ont été récompensés pour l’observation des ondes gravitationnelles, une avancée importante de la recherche qui confirme une prédiction d’Albert Einstein dans sa théorie de la relativité générale. Un professeur de l’Université de Sherbrooke, Julien Sylvestre, a eu la chance, au cours de sa carrière, de travailler avec les trois récipiendaires.

« C’est sans surprise pour moi, qu’ils se sont mérité le Prix Nobel de physique. Il fait suite à l’extraordinaire découverte faite par le projet Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory (LIGO) le 14 septembre 2015, et dévoilée publiquement le 11 février 2016. Pour la première fois, l’humanité a observé la subtile signature de la collision de deux trous noirs (respectivement 29 et 36 fois la masse du Soleil), à plus de 1,3 milliard d’années-lumière de la Terre.
« Ma première réaction lors de l’annonce de la découverte en a surtout été une de soulagement pour l’équipe du projet LIGO, dont j’ai fait partie de 1998 à 2004. Il faut comprendre que le projet LIGO a été conçu en 1972 par Rai Weiss; qu’il a été financé à grands frais par la NSF à partir de 1994; et qu’il a essuyé un barrage continu de critiques jusqu’à l’annonce de la découverte en 2016 », souligne le Pr Sylvestre qui a fait son doctorat au Massachusetts Institute of Technology (MIT) sous la supervision de Rai Weiss, de 1998 à 2002.
Ses travaux ont été parmi les premiers à fouiller dans les données de LIGO pour trouver des signaux provenant d’ondes gravitationnelles. À cette époque, les détecteurs n’étaient pas assez sensibles pour détecter les trous noirs observés aujourd’hui.
De 2002 à 2004, le Pr Sylvestre était chercheur postdoctoral au Caltech, dans le groupe dont faisaient partie Barry Barish et Kip Thorne.

 Barry Barish et Kip Thorne

Ironiquement, les critiques du projet LIGO étaient entièrement fondées : les collisions d’étoiles à neutron, qui étaient prédites comme la source principale d’observations par LIGO, n’ont pas encore été observées à ce jour. « Par contre, grâce au travail soutenu des centaines de scientifiques du projet LIGO sur plus de 45 ans, nous avons pu pour la première fois observer la gravitation dans des conditions extrêmes. La découverte de LIGO est l’événement le plus violent observé depuis le Big Bang. L’entreprise risquée du projet LIGO a réalisé ce qui était possiblement sa plus grande promesse : observer d’une manière nouvelle des systèmes qui n’étaient pas attendus et tester ainsi notre théorie de la gravitation », relate le professeur, soulignant que la relativité générale est notre meilleure théorie de la gravitation, de l’espace et du temps.
« J’ai eu le privilège de très bien connaître les acteurs du projet LIGO. Ils ont eu à surmonter une myriade de problèmes technologiques très difficiles et à endurer des décennies de doutes pendant qu’ils dépensaient des fonds publics. Ils l’ont fait parce que c’est ce que les scientifiques doivent faire. Pour l’extraordinaire élégance de leur découverte et pour le courage exemplaire de tous ceux impliqués dans le projet, ce Prix Nobel est pour moi une source de joie pour tant de collègues qui voient tellement d’efforts récompensés. Je leur ai d’ailleurs écrit le jour même de leur nomination pour les féliciter », mentionne le professeur au département de génie mécanique de la Faculté de génie de l’UdeS.

Rainer Weiss