Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
 Ian Bélanger
 Ian Bélanger

Ian Bélanger pourrait demander une libération conditionnelle dans 10 à 15 ans

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Article réservé aux abonnés
 Ian Bélanger affirme qu’il a pris la pire décision de sa vie de se rendre chez Héliodore Dulac la fin de semaine du 1er juin 2018.

L’homme de 33 ans, reconnu coupable du meurtre au deuxième degré d’Héliodore Dulac, a demandé la clémence du Tribunal, mardi, lors des observations sur la peine pour déterminer son éligibilité à une libération conditionnelle dans le cadre de sa peine de prison à vie.

« Nous sommes ici pour déterminer le nombre d’années où il pourra demander une libération conditionnelle. Ça ne veut pas dire qu’elle sera accordée. La peine, c’est la prison à vie. Par la suite, c’est la commission des libérations conditionnelles qui va déterminer de la suite », a précisé le juge Gaétan Dumas de la Cour supérieure. 

Ian Bélanger a été reconnu coupable par un jury en novembre 2020 du meurtre au deuxième degré d’Héliodore Dulac en juin 2018 à Milan.

Il sera condamné à une peine de prison à vie, mais le Tribunal doit fixer l’admissibilité à une libération conditionnelle dans une période variant de 10 à 25 ans.

La poursuite demande qu’il ne puisse être admissible à une libération conditionnelle avant 15 ans, alors que la défense plaide pour qu’une libération conditionnelle de la peine puisse être demandée par Ian Bélanger dans 10 ans.

Les faits

C’est à la suite d’une nuit où Ian Bélanger, sa conjointe Kassandra Harpin et la victime Héliodore Dulac avaient consommé une grande quantité d’alcool et de stupéfiants que la situation a dégénéré. L’homme de 72 ans avait manifesté son désir de mourir et il y avait eu recherche d’arme à feu.

Pour une raison indéterminée, le ton a monté entre les deux hommes. Ian Bélanger a roué de coups Héliodore Dulac. Le septuagénaire a été laissé près de la galerie de sa résidence du chemin de la Yard. Il a été retrouvé sans vie par un résidant de Milan le 3 juin en après-midi. 

Lors des observations sur la peine, Ian Bélanger s’est adressé aux fils d’Hélidore Dulac, un homme que l’accusé a mentionné qu’il estimait beaucoup.

« La fin de semaine du 1er, juin a changé la destinée de nos familles distinctes. J’ai perdu un ami, un confident, un homme en qui j’avais confiance. Je me tiens debout comme un homme pour vous faire mes plus sincères condoléances », a mentionné Bélanger.

Ian Bélanger en a appelé à la clémence du Tribunal pour que ses enfants puissent le revoir un jour à l’extérieur des murs d’une prison.

Arguments

L’avocat de la défense Me François Gauthier rappelle que la soirée de retrouvailles lors de la fin de semaine du 1er juin 2018 était souhaitée tant par Ian Bélanger qu'Héliodore Dulac.

« Aucun élément de preuve ne permet de dire qu'Ian Bélanger souhaitait du mal à Héliodore Dulac. Il y a eu un élément déclencheur qui demeure inconnu. Il n’y a pas d’animosité entre ces deux individus. Le sujet de l’intention de mourir d’Héliodore Dulac est le sujet de discorde. Ian Bélanger refusait de faire du mal à Héliodore Dulac. On ignore ce qui s’est produit pour qu’il y ait un passage à l’acte. Nous ne sommes pas dans un cadre de violence gratuite », plaide Me Gauthier. La procureure aux poursuites criminelles Me Isabelle Dorion a plaidé que le Tribunal possédait peu d’informations sur le profil d'Ian Bélanger notamment pour se positionner sur son risque de récidive.

« Vous avez devant vous un meurtre crapuleux. On s’en est pris à une personne qui n’était pas capable de faire ses activités de tous les jours sans aide. C’était visible et connu de l’accusé. Le crime s’est passé chez la victime. Il y a aussi la brutalité de l’attaque qui a été longue. Le comportement de l’accusé après le meurtre qui a tout fait pour éviter les répercussions du crime doit être considéré », soutient Me Isabelle Dorion.

Les fils de la victime et la conjointe de l’un d’entre eux ont déposé des lettres au Tribunal pour témoigner des impacts du crime.

« Ces personnes ont vécu des répercussions importantes. On parle de peine, de rage et d’incompréhension. Ces gens-là ont perdu leur père, leur beau-père. Je souligne l’impact du processus judiciaire dans leur vie, en particulier pour les fils qui ont dû venir témoigner. Les répercussions sont encore bien présentes », indique Me Dorion. 

Le juge Dumas imposera le 27 janvier le nombre d’années avant l’éligibilité d'Ian Bélanger à une libération conditionnelle.