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Denis Bernier, directeur général de Destination Sherbrooke, confirme que l’équivalent de huit emplois à temps plein sera aboli au sein de son organisation.
Denis Bernier, directeur général de Destination Sherbrooke, confirme que l’équivalent de huit emplois à temps plein sera aboli au sein de son organisation.

Huit postes coupés à Destination Sherbrooke

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
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PRIMEUR / La nouvelle gouvernance de développement économique à la Ville de Sherbrooke aura coûté l’équivalent de huit postes permanents à Destination Sherbrooke. C’est donc 25 % de l’équipe qui perd son emploi, pour des économies salariales d’environ 600 000 $. Il s’agit d’une deuxième coupe massive dans l’organisation paramunicipale en cinq ans.

Le directeur général de Destination Sherbrooke, Denis Bernier, a confirmé ces données dans un entretien portant sur la création d’une division des événements majeurs à la Ville de Sherbrooke. « En 2015, il y avait eu une première vague de compressions où 25 % du personnel permanent avait été coupé. Nous serons encore en mesure de livrer la marchandise, mais il est temps d’arrêter de jouer dans les structures et de regarder en avant pour faire du développement économique. Nous voulons travailler avec la Ville pour le bien de Sherbrooke. »

Pour sa division des événements, la Ville de Sherbrooke prévoit embaucher deux ressources pour 244 124 $. Plusieurs élus ont soulevé un malaise, craignant que les compétences de Destination Sherbrooke soient «municipalisées» pour des salaires plus élevés. 

« Je n’ai pas vraiment d’opinion à ce sujet. À partir du moment où la Ville fait le choix de nous retirer un montant qui oscille autour de 1,3 M$, c’est une prérogative du conseil. Nous avons fait valoir notre point à l’époque. Si la Ville démontre qu’elle sera plus performante, elle aura atteint son objectif », commente M. Bernier. Il convient néanmoins que des tâches similaires coûtent moins cher dans les organisations paramunicipales qu’à la Ville.

« Est-ce que nous avons une expertise dans l’événementiel? Oui. Nous avons des gens pour le domaine de l’agrément, des affaires, du sport et des salons. Le nombre d’années d’expérience se compte par dizaines. »

Destination Sherbrooke demeure-t-elle une organisation pertinente? « Nous aurons encore trois grandes responsabilités, soit le développement de l’offre, la promotion de la destination et l’accueil. Nous ferons moins de développement de projets et plus d’accompagnement de promoteurs. Il faudra quelques années pour mesurer si les changements ont été opportuns. »


« Il est impératif que ce fonds soit consacré à l’industrie touristique. »
Denis Bernier

Denis Bernier précise par ailleurs que plusieurs tâches dévolues au bureau des événements majeurs ne relevaient pas de Destination Sherbrooke. La Ville rapatrierait toutefois le Fonds de performance que gérait l’organisation paramunicipale, tout en lui laissant l’aspect de la promotion. « Ce que nous disons, c’est que nous collaborerons, mais qu’il est impératif que ce fonds soit consacré à l’industrie touristique. Nous souhaitons éviter que l’enveloppe soit diluée dans un paquet d’événements qui n’ont pas une vocation touristique. Il ne faut pas que le milieu perde au change. »

La principale préoccupation de Denis Bernier est de s’assurer que la communication sera facilitée avec les promoteurs. « Il faut s’élever au-dessus de la mêlée et faire des promoteurs notre priorité. »

Quant à la décision qui doit absolument être prise d’ici la fin de l’année pour permettre la signature du mandat de Destination Sherbrooke et, conséquemment, permettre à la Ville de verser de l’argent à l’organisation, il s’agit d’une règle du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation. Il est vrai que Destination Sherbrooke a obtenu des fonds par le passé sans avoir de convention valide, mais cette façon de faire n’est plus acceptable. 

Enfin, Malika Bajjaje, directrice du Festival des traditions du monde et du Festival du cinéma du monde, est prête à laisser une chance au coureur. « Peu importe qui gère les événements, on veut moins de bureaucratie et plus d’efficacité. On ne vaut pas subir de dommages collatéraux à une réorganisation. Mais je ne peux pas dire si les changements seront bons ou mauvais. Il faudra le vivre pour le savoir. Il faudra aussi éviter une politique uniforme pour tous les événements, parce que nous ne pouvons pas tous entrer dans le même moule. Pour le reste, ce n’est pas à nous de faire de la politique. »

Le directeur général de la Fête du lac des Nations, Jean-Pierre Beaudoin, n’a pas voulu commenter ces changements pour le moment.