Le nombre de résolutions présentées lors d’ateliers publics à l’hôtel de ville de Sherbrooke est beaucoup moins élevé en 2018 que lors des quatre années précédentes.

Hôtel de ville : chute radicale des ateliers publics

EXCLUSIF / Mis en place par l’ex-maire Bernard Sévigny, les ateliers de travail des élus accessibles au public et aux journalistes se font moins nombreux depuis l’élection du maire Steve Lussier. L’année 2018 est celle où le plus faible nombre de résolutions ont été présentées publiquement lors de ces réunions avant d’être entérinées au conseil municipal. À 38 résolutions, c’est presque deux fois moins que les 74 de 2014. S’agit-il d’un manque de transparence ou simplement d’une façon différente de fonctionner?

« Il n’y a aucun lien à faire avec un manque de transparence. Le maire n’est pas à la rencontre de planification des agendas, donc il n’y est pour rien. Et la loi n’oblige en aucune façon à ce qu’il y ait des comités pléniers en public. Ceci étant dit, c’était une première année pour le nouveau conseil, mais aussi pour le directeur général, le directeur général adjoint, la directrice des finances et la directrice des ressources humaines », explique la présidente du comité exécutif, Nicole Bergeron.

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« On est même déçus quand on termine les agendas et qu’on voit qu’il n’y a pas de dossiers à inscrire au plénier public. Ce n’est pas toujours possible d’en rentrer dans l’horaire. »

En 2010, Bernard Sévigny rendait en partie accessibles les séances du comité plénier qui se déroulaient autrefois à huis clos. En plus d’ouvrir plus grandes les portes du conseil municipal, l’ex-maire ajoutait aussi une période de questions pour les journalistes, à l’issue dudit atelier. Les dossiers stratégiques et relatifs à des employés continuaient d’être discutés derrière des portes closes.

« On veut redéfinir le cadre des relations entre les citoyens et la Ville », affirmait M. Sévigny à l’époque.

Depuis, le maire actuel a implanté la diffusion en direct des séances du conseil municipal et des ateliers de travail, quand il y en a.

Ces ateliers de travail permettent en général à des fonctionnaires ou des directeurs d’organisations paramunicipales de présenter un dossier en profondeur. Les élus y posent aussi leurs questions et débattent si nécessaire.

Huis clos plus fréquents

En comparant les statistiques des cinq dernières années, la première année complète de Steve Lussier aura été celle où les huis clos auront été levés le moins souvent. Du moins en apparence. Les huis clos sont aussi plus longs les soirs de conseil municipal. S’ils commençaient à 16 h 30 avant les élections, ils rassemblent maintenant tous les élus à partir de 15 h.

Si le nombre d’ateliers ouverts au public varie d’une année à l’autre, le nombre de résolutions débattues dans chacune des séances de travail varie grandement. Ainsi, plus de 70 résolutions ont fait l’objet de présentations chaque année entre 2014 et 2017 selon des calculs basés sur les ordres du jour publiés sur le site de la Ville de Sherbrooke. En 2018, seulement 38 sujets ont fait l’objet d’une présentation en atelier de travail.

« Nos comités à huis clos durent plus longtemps pour donner la chance aux élus d’échanger et de poser toutes leurs questions, sinon, on devrait reporter des dossiers faute de temps. Bien sûr, nous préférons parfois que des directeurs viennent nous expliquer leur dossier, mais les séances se terminent tard. La période de questions des citoyens dure deux heures, alors que le règlement nous permettrait de la limiter à 30 minutes. Je pense que c’est contextuel. Personne n’a pris de décision pour éviter de présenter des dossiers en public. »

À des citoyens qui invitaient les élus à s’intéresser davantage à l’environnement, M. Lussier répondait le 19 novembre que « vous ne nous voyez pas en huis clos, mais on parle beaucoup d’environnement ».

Justement. Pourquoi parler d’environnement à huis clos s’il ne s’agit pas de dossiers stratégiques ou relatifs à des employés? « Nous sommes dans une année charnière. Nous avons des discussions de fond pour voir comment, au sein de la ville, on peut travailler de façon transversale en matière d’environnement. On réfléchit sur comment on veut changer les choses. Rien n’est attaché, mais il sera certainement beaucoup question d’environnement publiquement d’ici la fin du mandat. »