Les fumeurs ne pourront plus sortir dehors pour griller une cigarette ou utiliser les fumoirs des hôpitaux et des CHSLD, et ce, de façon progressive d’ici 2022 dans les installations du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Hôpitaux et CHSLD sans fumée

Il sera complètement interdit de fumer autant à l’intérieur qu’à l’extérieur des différents établissements du CIUSSS de l’Estrie-CHUS d’ici 2022. Une série de mesures pour promouvoir le non-tabagisme et une offre de soutien aux personnes qui abandonneront l’usage du tabac seront mises en place afin de favoriser l’atteinte de cet objectif ambitieux. Cette politique concerne également l’usage de la cigarette électronique et de toute autre substance combustible qui s’inhale.

La mise en application de cette politique risque de se faire un peu plus compliquée dans les centres d’hébergement qui constituent le milieu de vie de certaines clientèles hébergées à long terme, comme les CHSLD notamment.

En Estrie, 16,5 % de la population âgée de 18 ans et plus fument, ce qui représente 65 000 personnes. La politique gouvernementale de prévention en santé prévoit faire passer cette proportion à 10 % de la population, soit 41 000 personnes, d’ici 2025.

« Notre établissement a consulté ses différentes directions, mais aussi les comités d’usagers de plusieurs CHSLD de son territoire. Si tous adhèrent à la nécessité de protéger les non-fumeurs des effets nocifs de la fumée secondaire, le consensus qui se dégage est de procéder à la mise en œuvre de la politique en adoptant une approche qui se fera "pour et avec les usagers, leurs proches et la population", souligne Patricia Gauthier, présidente-directrice générale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« La fermeture graduelle des fumoirs en CHSLD, d’ici 2022, sera évaluée au "cas par cas", de façon à ce que l’établissement atteigne son objectif de créer des environnements sans fumée, tout en respectant les besoins des usagers. Par conséquent, il est prévu qu’aucun fumoir ne sera fermé en CHSLD sans l’assentiment des comités d’usagers des installations concernées, ajoute Dre Mélissa Généreux, directrice de la Santé publique en Estrie.

Protéger contre la fumée secondaire

Le tabagisme et l’exposition à la fumée secondaire constituent les plus grands risques pour la santé de la population en Amérique du Nord. Au Québec, le tabagisme est responsable de plus de 10 000 décès annuellement.

Les études démontrent aussi que les non-fumeurs exposés à la fumée secondaire courent un risque accru de développer des cancers, des problèmes respiratoires et des maladies cardiaques. Seule la création d’espaces à 100 % sans fumée offre une protection efficace contre ceux-ci. L’adoption de cette politique s’inscrit dans la volonté du ministère de la Santé et des Services sociaux de réduire le taux de tabagisme et les dangers associés à l’exposition à la fumée secondaire.